Visions et dictées de Maria Valtorta

De Wiki Maria Valtorta


Illustration de la voix intérieure de Maria Valtorta qui illumine son esprit d'éléments de compréhension.

Maria Valtorta, grabataire, a consigné ses visions et dictées sur des cahiers d'écolier fournis par son confesseur, au fur et à mesure qu’elle les recevait. L'ensemble représente 122 cahiers et 13 193 pages manuscrites.

L'étude de ces écrits révèle plusieurs modalités, distinctes et complémentaires, de communication :

  • les visions,
  • les dictées
  • et ce que Maria Valtorta appelle sa "seconde voix" ou son "moniteur intérieur".

Elle décrit également les conditions particulières dans lesquelles elle reçoit ces communications, leur rapport avec son activité intellectuelle et corporelle, ainsi que les contraintes qui s'exercent sur leur transcription.

La question traitée ici n'est pas tant de savoir ce que Maria Valtorta affirme avoir vu ou entendu, mais d'examiner comment elle décrit le phénomène, quel rôle elle attribue à ses propres facultés et comment s'effectue le passage de la perception à l'écriture.

Trois modalités de communication[modifier | modifier le wikicode]

Les visions[modifier | modifier le wikicode]

Les visions sont des scènes qu'elle rapporte aussi fidèlement que possible. Elle se décrit comme immergée dans la scène et capable de la percevoir avec ses facultés sensorielles. Elles concernent principalement des épisodes de la vie de Jésus et de Marie[1] et sont généralement introduites par des expressions telles que "je vois" ou "je revois".

La vision ne se réduit donc pas, dans son témoignage, à une idée ou à une connaissance intellectuelle : elle se présente comme une scène observée et à décrire.

Les dictées[modifier | modifier le wikicode]

Les dictées se distinguent des visions par leur mode de perception. Maria Valtorta affirme les recevoir par ce qu'elle appelle son "oreille spirituelle", comme une voix humaine perçue à proximité d'elle. Elles sont généralement introduites, dans ses écrits, par des formulations telles que : "Jésus dit:" ou "Marie dit:".

Elle distingue donc nettement la voix qui lui est communiquée lors d'une dictée de la perception visuelle et sensorielle d'une scène.

La "seconde voix" ou "voix intérieure"[modifier | modifier le wikicode]

À ces deux modalités s'ajoute ce que Maria Valtorta appelle sa "seconde voix". Mais celle-ci ne se présente pas comme une voix humaine entendue à côté d'elle. Elle la décrit comme "une lumière", une intuition qui "parle dans mon esprit", et non "à mon esprit". Ces interventions sont introduites par des locutions telles que: "Celui qui me renseigne habituellement…, mon conseiller intérieur…, celui qui m'avertit intérieurement…"

Cette voix intérieure lui fournit des informations complémentaires qui lui permettent de comprendre certains détails de ce qu'elle voit et qu'elle ne pourrait pas, selon elle, saisir par elle-même. Elle cite notamment les noms d'Hillel, de Gamaliel et de Shammaï.

"Vous me demandiez aujourd’hui comment j’ai pu connaître les noms de Hillel et de Gamaliel, ainsi que celui de Shammai. C’est la voix que j’appelle "seconde voix" qui me dit ces choses, une voix encore moins perceptible que celle de mon Jésus et des autres qui dictent [...] C'est lui[2] qui me fait comprendre certains détails que par moi-même je ne saisirais pas, et qu'il est nécessaire de comprendre. Je ne sais si je me suis bien expliquée.[3]

Cette distinction est importante : dans son propre témoignage, Maria Valtorta ne met donc pas sur le même plan:

  • voir une scène (visions)
  • entendre une voix (dictées)
  • et recevoir intérieurement une compréhension.

Une perception située "dans l'esprit"[modifier | modifier le wikicode]

Pour décrire son expérience, Maria Valtorta recourt à une conception tripartite de l'être humain, distinguant le corps, l'âme et l'esprit en référence aux trois composantes de l'Homme qu'énonçait déjà Saint Paul[4].

Maria Valtorta écrit : "Dans le corps il y a l’âme et dans l’âme il y a l’esprit"[5]. Plus tard, à l'occasion de l'Assomption, Jésus lui explique[6]:

"Il y a une différence entre la séparation de l’âme d’avec le corps pour une vraie mort, et la séparation momentanée de l’esprit d’avec le corps et d’avec l’âme qui le vivifie par extase ou ravissement contemplatif[7]. Alors que la séparation de l’âme d’avec le corps provoque la mort vraie, la contemplation extatique, c’est-à-dire l’évasion temporaire de l’esprit hors des barrières des sens et de la matière, ne provoque pas la mort. Et cela parce que l’âme ne se détache pas et ne se sépare pas totalement d’avec le corps, mais le fait seulement avec sa partie la plus excellente qui se plonge dans les feux de la contemplation."  

Cette partie "la plus excellente" est l'esprit que Maria Valtorta appelle "l'âme de l'âme". Elle affirme que c'est dans cet esprit qu'elle reçoit les visions[8] :

"Je le comprends parce que, comme je vous l’ai déjà expliqué bien des fois, quand Dieu me prend pour que je sois son porte-parole[9], mon intelligence est amplifiée et élevée à une puissance bien supérieure à celle accordée aux hommes. Et je "vois", "j'entends", je "comprends" selon l’esprit".[10]

L'expression est caractéristique de son vocabulaire : les verbes voir, entendre et comprendre sont associés à une activité de l'esprit qui ne se confond pas avec la perception sensorielle ordinaire. Maria Valtorta parle d’intelligence, mais amplifiée dans l’esprit (avec une minuscule). De même, elle voit, elle entend, autrement dit ses sens sont démultipliés dans cette zone de contact avec Dieu. La distinction devient particulièrement nette lorsqu'elle explique au Père Migliorini, son confesseur, la différence entre les voix et la "seconde voix":

Ces dernières sont des voix [...] que mon oreille spirituelle perçoit exactement comme des voix humaines. J’entends si elles sont douces ou en colère, fortes ou légères, si elles rient ou si elles sont tristes. Comme si on parlait à côté de moi. En revanche, cette "seconde voix" est comme une lumière, une intuition qui parle dans mon esprit. Je dis bien "dans" et non "à" mon esprit.[3]

Cette précision de vocabulaire permet de distinguer une parole qui est perçue comme une voix et une connaissance qui apparaît intérieurement comme une lumière ou une intuition.

L'extase augmente les facultés humaines[modifier | modifier le wikicode]

Un texte de Maria Valtorta, attribué à Jésus, explique que, pendant l'extase, la capacité de comprendre et d'exprimer s'accroît temporairement. Maria Valtorta est comparée à un "aigle" lorsqu'elle est envahie par ces splendeurs et à une "petite colombe" lorsqu'elle retrouve son état habituel

"Les sages de mon Église (les docteurs de l'Église) ont établi et dit de ceux qui connaissent une vie extraordinaire que, pendant qu’ils sont en extase — qu’elle soit complète ou incomplète pour leur permettre de dicter ou d’écrire les révélations qu’ils reçoivent —, la capacité de leur intelligence à appréhender, à comprendre et à exprimer s’accroît, et que, une fois sortis de leur extase, ils retrouvent leur intelligence propre[11].

C'est en effet ce qu'affirment des docteurs de l'Église comme:

  • Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), dans la Somme théologique[12] affirme que, pendant l'état extatique, les capacités cognitives peuvent être élevées par une lumière divine, bien que l'intelligence humaine reste distincte de la connaissance divine directe.
  • Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), dans Le Château intérieur[13], explique comment, durant les moments d'extase, l'âme est en union profonde avec Dieu, recevant des révélations et des grâces particulières. Elle note également que l'extase permet à l'âme de comprendre et d'exprimer les expériences spirituelles vécues.

Qui ne supprime pas l'humanité de "l'instrument"[modifier | modifier le wikicode]

"C’est ce qui se passe chez mon petit Jean (surnom donné à Maria Valtorta), "un aigle quand je l’envahis, une petite colombe quand je ne l’envahis plus de mes splendeurs″. Il est aussi dit et établi que, bien que la révélation faite par Dieu à une âme choisie pour une mission surnaturelle et extraordinaire soit toujours parfaite, elle peut néanmoins être interprétée et rapportée avec des erreurs secondaires de la créature, et cela parce que la perfection divine ou céleste se mêle et se confond à l’insuffisance de la créature, de sorte que certains détails peuvent en être altérés. C’est pour cette raison que je veille, tout comme l’ange gardien du petit Jean[14], pour rétablir la pensée telle qu’elle a été dictée et lorsqu’elle a été interrompue par des causes extérieures puis involontairement mal rétablie par le porte-parole. Mais je le répète : telle qu’elle vous a été livrée, l’Œuvre rapporte la vérité exacte et complète de mon enseignement".[11]

La communication surnaturelle peut être parfaite quant à son origine divine, sans que sa perception, sa compréhension ou sa formulation par l'instrument humain le soit nécessairement. La tradition spirituelle et les normes ecclésiales de discernement reconnaissent en effet la possibilité que des éléments humains, voire des erreurs d'ordre naturel, se mêlent à une révélation authentiquement surnaturelle, notamment en raison de la perception ou de l'interprétation du sujet[15].

Le ravissement est dimensionné aux capacités humaines[modifier | modifier le wikicode]

Dans un de ses premiers commentaires, Azarias, l'ange gardien de Maria Valtorta[14] confirme que les visions font bien appel aux sens humains que Dieu "augmente" dans une proportion compatible avec l'humanité. Ces visions sont relatives mais non absolues. L'expérience surnaturelle élève les facultés humaines sans les transformer en connaissance divine absolue.

"Ce que tu vois et connais te semble si beau que tu en es étourdie. Je pourrais t'obtenir une compréhension, une extension visuelle et auditive encore plus vaste afin d'augmenter ta joie au milieu des tribulations de ton immolation. Mais ce serait toujours une connaissance relative. Même dans les choses humaines, tu sais que l'on ne peut pas forcer une chaudière, par exemple, un engrenage et ainsi de suite, au-delà d'une certaine limite, sans quoi l'expérience devient une destruction. Il en va de même en ce qui concerne les choses extraordinaires : on ne peut obtenir le maximum, le tout, parce que l'homme ne pourrait résister à un seul instant de complète connaissance, de parfaite vision du ciel et de ses divins mystères".[16]

Des grands saints comme Padre Pio[17] ou Thérèse de Lisieux[18], plongés dans l’incandescence de l’Amour, le disent en termes similaires : si l’extase qu’ils vécurent s’était prolongée, ils seraient morts. Ce ravissement que connait Maria Valtorta et qui, poussé aux limites, amène le Padre Pio et Thérèse de Lisieux au seuil de la mort, est celui qui a causé la dormition de la Vierge Marie. Elle est "morte" d'amour intense, comme elle l'explique[19].

Une initiative qui ne dépend pas de la volonté de Maria Valtorta[modifier | modifier le wikicode]

Le moment est imprévisible[modifier | modifier le wikicode]

Ces communications ont un caractère imprévisible. Maria Valtorta explique qu'elles peuvent survenir alors qu'elle est occupée à des activités ordinaires :

"Il m’arrive souvent que les inspirations, les conseils, les voix résonnent dans mon cœur juste au moment où je suis occupée à des choses très différentes du domaine de l’esprit. Lorsque je prie, c’est difficile que je les entende. Alors que quand j’écris, je lis, je travaille, je mange, je m’amuse avec mes petits animaux, je parle avec machin ou chouette, voilà qu’explose dans mon âme une parole... Cela dépend peut-être du fait que quelle que soit la chose que je suis en train de faire, mon moi profond reste toujours fixé en un lieu, et que rien ne peut l’arracher à sa vie qui consiste en Dieu. Je ne sais pas. Je crois que c’est comme ça".[20]

Elle affirme donc ne pas déclencher volontairement le phénomène. La prière elle-même n'en constitue pas nécessairement le contexte immédiat : elle affirme au contraire que les communications sont parfois plus difficiles à percevoir lorsqu'elle prie. Il s'agit d'une initiative de Dieu qui intervient dans une attitude fondamentale et constante de disponibilité.

Le contenu ne vient pas d'elle[modifier | modifier le wikicode]

Cette caractéristique rejoint une autre affirmation fondamentale de Maria Valtorta : elle ne considère pas les communications comme provenant de sa propre initiative. Elle explique qu'elle ne peut ni choisir le moment de la communication ni modifier volontairement les formulations reçues. Si elle tente de substituer une expression correspondant davantage à son propre style, elle affirme en être incapable.

"Et maintenant que je vous ai fait part des raisons pour lesquelles je n’aime pas en parler (des révélations), je vous dirai celles qui me font sentir que je ne suis pas une naïve qui prend ses fantasmes pour des vérités surnaturelles et des paroles démoniaques pour des paroles divines : J’en ai la certitude à cause de la suavité et de la paix qui m’envahissent à la suite de ces paroles, de ces caresses, de la force qui s’empare de moi, m’obligeant à les écouter et les écrire sans que j’en puisse changer un seul mot… Et toujours à des moments qui échappent à toute volonté de ma part d’écouter ces choses … On ne transige pas avec cette douce puissance... "Il n’y a rien qui vienne de moi. … (Jésus) se fait entendre quand il le veut. Si je suis prise à autre chose, à quelque chose qu’il me presse d’accomplir, je dois arrêter et m’occuper seulement de Lui. De même si, selon mon style, je préfère une certaine formulation à une autre et tente de la changer, j’en suis incapable. C’est dit d’une certaine façon et reste comme cela[21]."

Et comme le Père Romualdo Migliorini la presse d'écrire ses révélations passées, elle tranche : "Il me serait impossible de répéter maintenant ces paroles avec exactitude et je ne les répéterai donc pas. Il ne doit y avoir rien de moi.[21]"

Il ressort ainsi de son propre témoignage une triple affirmation :

  • elle ne choisit pas le moment ;
  • elle ne choisit pas le contenu ;
  • elle ne maîtrise pas volontairement la formulation.

De la vision à l'écriture : Le synchronisme[modifier | modifier le wikicode]

Maria Valtorta affirme écrire pendant qu'elle voit ou entend. Elle explique également que lorsqu'une interruption l'empêche de poursuivre, la scène s'arrête et reprend ensuite lorsqu'elle est de nouveau disponible :

"Je puis enfin écrire ce qui occupe ma vision mentale et mon audition mentale depuis le début de l'aube de ce matin... Car, je l'ai dit plusieurs fois et je le répète, quand je ne puis continuer ou commencer le récit de ce que je vois, la scène s'arrête dès le début ou bien au point où je suis interrompue, pour se dérouler ensuite de nouveau quand je suis libre de la suivre. Je crois que Dieu veut cela pour éviter des omissions ou des erreurs de détail, chose qui pourrait m'arriver si j'écrivais quelque temps après avoir vu. J'affirme en conscience que ce que j'écris, parce que je le vois ou je l'entends, je l'écris pendant que je le vois ou l'entends".[22]

Elle donne la raison qu'elle attribue à ce fonctionnement : écrire immédiatement permettrait d'éviter les omissions ou les erreurs de mémoire qui pourraient apparaître si elle devait attendre avant de transcrire. Le décalage entre la vision et son écriture avait causé de graves dommages dans la narration historique des visions de Marie d'Agréda, la narration spirituelle étant préservée[23]. Maria Valtorta décrit le synchronisme entre ces deux moments. Précision d'autant plus importante qu'elle ne retouche pas le récit une fois achevé.[24] Ainsi s'il lui arrive qu'un excès de fatigue lui fait oublier un mot, "Jésus, ou l’ange gardien" les dictent "à nouveau, du début à la fin". Maria Valtorta les insère alors dans l'interligne sans toucher au reste[11].

Ce point distingue donc, dans son témoignage, la réception de la vision et sa mise par écrit : la première est attribuée à la communication surnaturelle ; la seconde demeure une activité accomplie par l'instrument humain.

La précision demandée dans la narration[modifier | modifier le wikicode]

Maria Valtorta affirme également recevoir des consignes précises concernant la description des scènes.

Dans une dictée, Jésus lui demande d'être "méticuleuse au plus haut point" et lui rappelle que même les détails apparemment insignifiants doivent être rapportés. Le texte distingue cependant la fidélité des dictées de celle des contemplations, pour lesquelles certaines omissions peuvent survenir en raison de la hâte d'écrire et des conditions physiques et matérielles.

Jésus dit:

[...] Souviens-toi donc d’être méticuleuse au plus haut point quand tu leur répètes ce que tu vois. La moindre bagatelle a de la valeur et n’est pas tienne, mais mienne. Par conséquent, il ne t’est pas permis de la garder pour toi. Ce serait malhonnête et égoïste. Rappelle-toi que tu es le réservoir de l’eau divine dans lequel cette eau se déverse afin que tous y viennent puiser.

En ce qui concerne les dictées, tu es parvenue à la fidélité la plus totale. Dans les contemplations, tu observes beaucoup mais, dans ta hâte d’écrire et à cause de tes conditions particulières de santé et d’entourage, il t’arrive d’omettre certains détails. Tu ne dois pas le faire. Mets-les en bas de page, mais écris-les tous. Ceci n’est pas un reproche, mais un doux conseil de ton Maître [...] Plus tu seras minutieuse et précise, plus nombreux seront ceux qui viendront à moi et plus grand sera ton bonheur spirituel présent comme ton bonheur éternel à venir.[25]

Cette distinction est importante : la vision peut être présentée comme précise dans son contenu tout en laissant subsister une possibilité d'omission au moment de sa transcription. Elle permet également de comprendre pourquoi l'examen de l'œuvre ne peut pas se limiter à la seule question : "y a-t-il des erreurs ?" Il faut d'abord déterminer de quelle nature est l'erreur éventuellement constatée : perception, transcription, copie, traduction ou interprétation.

Les limites de l'instrument humain[modifier | modifier le wikicode]

Maria Valtorta consigne ses visions et dictées sur des cahiers d'écolier fournis par son confesseur, au fur et à mesure qu’elle les reçoit. Ce sont 122 cahiers au total, représentant 13193 pages manuscrites. Image : page numérisée d'un cahier. Source : fonds documentaire de la Fondation Héritière de Maria Valtorta.

Une dictée du 6 décembre 1947 attribue les interruptions, omissions et corrections à plusieurs facteurs : faiblesse physique, maladie, environnement matériel et différence entre la rapidité des "voix" et les possibilités d'une main affaiblie.

"Je dis que la preuve valide que ce n’est pas toi qui écris selon tes pensées et tes connaissances personnelles est fournie par les phrases insérées entre deux lignes et les corrections visibles qu’on remarque sur les dictées. Elles sont provoquées par la faiblesse physique et parfois même mentale d’un porte-parole malade, accablé par sept maladies chroniques[26] qui se raniment parfois, entièrement ou partiellement, causant souffrances et faiblesses mortelles à l’écrivain; elles tiennent aussi aux troubles matériels dus à l’entourage du porte-parole, qui écrit dans des conditions d’environnement ni paisibles ni commodes; enfin, elles sont essentiellement dues à la différence qui existe entre l’impétuosité des "voix", qui dictent parfois rapidement, et les possibilités à les suivre d’une main affaiblie. Que se passe-t-il dans ces cas ? Certains passages sont interrompus et quelques phrases omises. Le porte-parole essaie de s’en souvenir tout en me suivant — moi ou d’autres voix —, pour les ajouter une fois la vision terminée. Mais quand il le fait, il n’y parvient plus avec exactitude et oublie les mots prononcés, ou bien il les écrit mal, pas tels qu’ils ont été dictés".[11]

Le même texte décrit alors l'intervention attribuée à Jésus ou à l'ange gardien pour compléter les passages interrompus ou rétablir ceux qui auraient été mal retranscrits. L'œuvre dépasse visiblement les capacités de Maria Valtorta.

"C’est alors que le Maître vient à son secours [...] moi, Jésus, ou l’ange gardien du porte-parole[27], l’assistant vénérable des manifestations célestes, dont l’intelligence angélique n’est pas sujette aux fatigues et faiblesses humaines du porte-parole [...] nous complétons les passages restés interrompus, comblons les lacunes des phrases ou dictons à nouveau, du début à la fin, ces passages que la volonté, bonne mais ignorante, du porte-parole a altérés, et nous reconstruisons les leçons telles qu’elles ont été données et entendues. Il s’ensuit — et je vous ordonne de le croire — que l’Œuvre rapporte exactement ma pensée, mes actes, mes manifestations, ainsi que les paroles et actes de ma Mère, des Douze et de tous ceux qui m’entouraient et nous entouraient tous".[11]

Le texte lui-même reconnaît ainsi la possibilité "d'erreurs secondaires de la créature", tout en affirmant fermement que la communication elle-même demeure intacte.

Erreurs et coquilles ne s'amalgament pas[modifier | modifier le wikicode]

Cette distinction est particulièrement importante pour l'étude critique de l'œuvre. Dans un texte de Maria Valtorta, Jésus y porte une attention particulière face à "un monde qui ne se soucie guère de relire ces écrits pour pouvoir y reconnaître ma présence et les approuver mais qui porte toute son attention à éplucher l’ouvrage dans le seul dessein d’y trouver un mot qui puisse passer pour une erreur théologique ou simplement historique, que ce soit dû à l’écriture incertaine de l’écrivain ou à une erreur du copiste. C’est la pure vérité. J’agis donc en sorte que leur animosité soit déçue[28]."

On trouve des "écritures incertaines" de Maria Valtorta dans certains mots spécialisés qu'elle transcrit en phonétique, par exemple Bel Midrash ou Sciemanflorasc, ou dans des objets techniques qu'elle ne connaît pas et nomme avec ses mots comme l'outil qu'elle nomme tournevis. "L'erreur du copiste" se retrouve dans des initiatives de traducteur comme Jockey. D'autres "erreurs" se fondent sur l'ignorance du contexte historique, comme le baiser sur la bouche.

Les textes mentionnent eux-mêmes des difficultés de transcription pour des causes diverses que tente de recenser l'article sur les "Anachronismes apparents dans l’œuvre de Maria Valtorta"

Maria Valtorta n'est qu'un "instrument"[modifier | modifier le wikicode]

Les différents éléments précédents éclairent la manière dont Maria Valtorta comprend sa propre fonction. Elle ne se présente pas comme l'auteur volontaire du contenu qu'elle reçoit, mais comme son "porte-parole" ou son "instrument". Un de ses hagiographes, le Père Massimo Cuofano la désignera comme "la plume de Dieu (La penna di Dio)"[29].

Cette conviction apparaît dès les premiers textes consacrés à son expérience. En mai 1943, elle exprime simultanément la crainte de se tromper, la peur de l'orgueil et la crainte de prendre pour surnaturel ce qui pourrait ne pas l'être:

"L’effort physique n’est rien comparé à l’effort moral que je dois accomplir pour soulever les voiles au-delà desquels se cache le surnaturel [...] j’ai peur de ces faveurs. La peur affreuse qu’il s’agisse d’une ruse. Est-il possible que moi, qui ne suis rien, puisse mériter de telles faveurs de mon Roi ? Et aussi la peur qu’elles n’éveillent l’orgueil en moi. Je sens que si je devais m’enorgueillir, même un seul instant, je serais punie pour cela".[21]

Son attitude initiale n'est donc pas celle d'une personne qui revendique spontanément une mission exceptionnelle. On retrouve une attitude similaire chez la Vénérable Marie d'Agréda qui avoue avoir résisté dix ans avant de consigner les révélations qui lui étaient faites[30]


Maria Valtorta décrit cette expérience qui est responsabilité et épreuve. Jésus la compare à un esclavage saint:

"Vous, les hommes, si vous saviez quel esclavage c’est que d’être instrument de Dieu ! Un saint esclavage, mais absolu ! L’esclavage d’un galérien. Cela entraîne sommeil, faim, souffrances, fatigues, envie de penser à autre chose, de lire des écrits qui ne soient pas des paroles de source surnaturelle, de parler et d’entendre des choses ordinaires, l’envie d’être et de vivre comme tout le monde, ne serait-ce qu’un seul jour : tout cela, la brûlure inexorable de la volonté de Dieu les empêche de l’avoir et de le réaliser. Sur tout cela, la hargne des hommes dépose son sel et son acide, comme si le maître de la galère mettait du sel et du vinaigre sur les brûlures de ses esclaves."[31]

Le terme employé ("L’esclavage d’un galérien") est particulièrement fort : l'instrument n'est pas présenté comme quelqu'un qui dispose librement d'un don extraordinaire, mais comme une personne soumise à une mission qu'elle ne contrôle pas.

Distinction entre visions, dictées et autres écrits[modifier | modifier le wikicode]

Le soir du 16 janvier 1944 débutent les visions historiques de la vie de Jésus et de Marie. Elles commencent par les noces de Cana[32]. Dix mois plus tard, elle note :

"Ce matin, je ressens cette joie active qui en moi est toujours le prélude à la parole de Jésus. J'ai une Joie passive quand je jubile de sa Présence, sans qu'il m'appelle à le servir. J'ai une joie active quand une impression indescriptible me dit : "Il t'appelle, sers-Le"... Et puis, je passe au travail vrai, proprement dit : écrire sous la dictée ou décrire ce qui se présente à moi. S'il s'agit de dictée et qu'elle se rapporte à un passage de la Bible, Jésus commence par me faire ouvrir le Livre au passage qu'Il veut expliquer... Si c'est la vision qui se présente, elle commence par une image initiale qui est généralement le point culminant de la vision, et puis se déroule en suivant l'ordre. Quand la vision se développe dans l'ordre, je commence par le début, quand elle commence par le point culminant, je décris ce point, et puis ce qui précède et ce qui suit".[33]

Les dictées sont clairement introduites par la phrase "Jésus dit" et les visions par "Je vois, ou je revois" : on ne peut les confondre. À noter aussi la référence biblique qui dirige les dictées. Cette proximité avec l'Écriture est une ligne de force des visions et des révélations de Maria Valtorta.

Les "visions et dictées" ne sont pas les seuls constitutifs de l'œuvre de Maria Valtorta: des écrits personnels les complètent. Parmi ceux-ci, l'Autobiographie se distingue par son contenu renseignant sur sa vie et sa spiritualité, critères essentiels pour le discernement de son œuvre. Les commentaires de l'Apocalypse, inclus par l'éditeur à la fin des Cahiers de 1945 à 1950, ne sont pas formellement attribués. Cependant, certains indices laissent supposer qu'il sont attribuables aux méditations de Maria Valtorta.

Le discernement ecclésial des écrits de Maria Valtorta[modifier | modifier le wikicode]

Le Magistère s'est prononcé sur les écrits de Maria Valtorta. Dans son communiqué du 22 février 2025, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) demande aux lecteurs de ces écrits de les considérer comme des "formes littéraires" et qu'ils ne peuvent "être considérés comme d'origine surnaturelle". Il rajoute que l'Église n'accepte "comme normatifs que les Évangiles divinement inspirés", c'est-à-dire ceux entrant dans le canon des Écritures.

Dans les textes de Maria Valtorta eux-mêmes, une distinction analogue est explicitement formulée : l'œuvre est présentée comme non canonique, tout en étant qualifiée "d'inspirée":

"L’ouvrage livré aux hommes par l’intermédiaire [de Maria Valtorta] n’est pas un livre canonique. Néanmoins, c’est un livre inspiré que je vous accorde pour vous aider à comprendre certains passages des livres canoniques, et en particulier ce que fut mon temps de Maître, enfin pour que vous me connaissiez, moi qui suis la Parole, par mes paroles[34]."

Selon leur propre compréhension, les textes de Maria Valtorta s'inscrivent donc dans le cadre des révélations privées. et non comme une alternative aux Évangiles "divinement inspirés". Cette distinction est essentielle dans la théologie catholique : la Révélation publique, reçue dans l'Écriture et la Tradition, constitue le dépôt de la foi ; une révélation privée ne peut lui être substituée ni lui ajouter un nouvel article de foi. Selon le Catéchisme de l'Église catholique leur rôle est d'aider à vivre plus pleinement la foi à une certaine époque[35].

Certains ont compris le communiqué du dicastère comme un jugement sur la non surnaturalité des écrits de Maria Valtorta, mais une telle interprétation contredirait les nouvelles normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels présumés, publiées par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) en 2024 sur plusieurs points:

  • Il n'y a aucune enquête diocésaine préalable. Elle est obligatoire et initie le processus de jugement (Procédures, art. 1 et 2).
  • Aucunes preuves "concrètes et avérées". de falsification, de mensonge, de mythomanie, ne sont évoquées comme l'exige les nouvelles normes (article 22) pour déclarer la non surnaturalité.
  • La mention officielle, "constat de non surnaturalitate" ne vient pas cautionner un tel jugement.

L'archevêque de Lucques est l'évêque diocésain en charge du cas Maria Valtorta. Il confirme dans un interview du 17 avril 2023 que l'enquête préalable n'est pas lancée: "nous continuons à recueillir des témoignages, des déclarations, des lettres… pour être prêts à poursuivre cette cause dès que la permission sera accordée."

Cet évêque référent a eut l'occasion de s'exprimer à titre personnel par cinq fois auprès du public valtortien. En attendant le jugement de l'Église, ce lectorat est donc invité à lire l'œuvre avec prudence, sans confusion. Cependant, le Pape François, dans une lettre privée du 24 février 2024, encourageait "à poursuivre avec autant d’engagement votre mission de faire connaître la vie de Maria Valtorta et son œuvre littéraire, en particulier tout ce qu’elle peut offrir pour le bien de l’Église et de la société."

Où trouver ce sujet dans l'œuvre ?[modifier | modifier le wikicode]

Dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé"[modifier | modifier le wikicode]

  • Maria Valtorta est renseignée sur des détails par une " seconde voix" qui lui parle "en" son esprit[36]
  • Jésus explique à Maria Valtorta pourquoi il ne donne pas les visions dans un ordre chronologique.[37]-[38]
  • J'affirme en conscience que ce que j'écris, parce que je le vois ou je l'entends, je l'écris pendant que je le vois ou l'entends.[39]

Dans les autres ouvrages de Maria Valtorta[modifier | modifier le wikicode]

Cahiers de 1943

  • 27 août : Les dictées ne se contredisent pas entre elles.
  • 26 octobre : La différence de ton de mes communications.

Cahiers de 1944

  • 25 janvier: Consignes à Maria Valtorta sur la nécessité de reporter le moindre détail de ses visions.
  • 7 juin: Différence entre visions vues et visions vécues.
  • 11 octobre: La façon dont Maria Valtorta procède : ses différents travaux pour le compte de Jésus (dictées, visions, ...)
  • 25 novembre : Tu n'es rien. [...] Ce rien est devenu mon instrument.

Cahiers de 1945 à 1950

  • 17 mai 1945: Une seule phrase oubliée ou un mot mal retranscrit peut tout changer.
  • 19 décembre 1945 : J’adapte les manifestations à l’environnement et au but pour lesquels je les ai suscitées.
  • 21 janvier 1946 : Je ne puis permettre que l’on traite cette œuvre comme une plaisanterie.
  • 2 juin 1946 : Ce que Jésus veut pour l'œuvre  Distribuez ce pain .  Publiez avec l'approbation de l'Église.[40]
  • 28 janvier 1947 : L’œuvre a été minutieusement scrutée.
  • 18 février 1947 : - Cet ouvrage (L'Évangile tel qu'il m'a été révélé), c’est moi.
  • 6 décembre 1947 : Le processus d'élaboration des visions et des dictées.
  • 6 janvier 1948 : Ils ont reçu ce qui était nécessaire pour obtenir l’approbation de l’Œuvre de Jésus. Le reste est un trésor qu’il faut mériter.
  • (?) mars 1949 : Ils (les détracteurs habiles) veulent te traiter de psychopathe.
  • 16 août 1949 : Qu’ils ne commettent pas de blasphème contre l’Esprit.

Livre d'Azarias

  • Livre d'Azarias, 3ème dimanche de l’Avent : Même si c'était vraiment ton cœur qui te suggérait ces pensées qu'ensuite tu écris, c'est signe que ton cœur est plein de Dieu, car "c'est du cœur de l'homme que vient ce qui sort de sa bouche".

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Œuvres de Maria Valtorta

  • Maria Valtorta, Autobiographie, 2ème édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2021.
  • Maria Valtorta, L’Evangile tel qu'il m'a été révélé, 2ème édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2017.
  • Maria Valtorta, Les Cahiers de 1943, 2ème édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2003.
  • Maria Valtorta, Les Cahiers de 1944, 2ème édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2003.
  • Maria Valtorta, Les Cahiers de 1945 à 1950, 2ème édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2004.
  • Maria Valtorta, Livre d'Azarias, 2ème édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2011.
  • Maria Valtorta, Les Carnets, 1ère édition, Centro Editoriale Valtortiano, Isola del Liri, 2018.

Autres

  • Ste Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, DDB/Cerf, 1992.
  • St Padre Pio de Pietrelcina, Epistolario I. Corrispondenza con i direttori spirituali (1910–1922). Ed. Padre Pio da Pietrelcina, 1995. Traduction française: Recueil de lettres, correspondance avec ses directeurs spirituels (1910-1922), Pierre Téqui, 2001.

Ressources internet

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ Mais aussi des scènes des martyrs des premiers temps de l'Église regroupées dans la série des "Cahiers".
  2. ↑ Maria Valtorta désigne cette "seconde voix" comme son "moniteur intérieur" (indicatore interno), même référence.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Les cahiers de 1944, 29 janvier, p. 103. Cité aussi en EMV 41.10.
  4. ↑ 1 Thessaloniciens 5,23 : "Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ."
  5. ↑ Autobiographie, p. 352.
  6. ↑ EMV 651.17.
  7. ↑ L'extase (ekstasis en grec, signifiant "sortir de soi-même") est un état où l'âme est élevée au-delà des facultés humaines ordinaires. Illuminée par une lumière divine, elle accède des révélations ou des vérités inaccessibles à l'état ordinaire. L'extase est souvent associée à une expérience intense de Dieu ou à des visions mystiques. Le ravissement contemplatif est une forme élevée de prière ou de contemplation dans laquelle l'âme est profondément attirée par Dieu. La volonté est entièrement absorbée dans l'amour de Dieu, souvent sans visions ni phénomènes surnaturels visibles.
  8. ↑ Le Catéchisme de l'Église catholique (§ 367), précise en effet: "L’Église enseigne que cette distinction n’introduit pas une dualité dans l’âme. "Esprit" signifie que l’homme est ordonné dès sa création à sa fin surnaturelle, et que son âme est capable d’être surélevée gratuitement à la communion avec Dieu."
  9. ↑ Un porte-parole est un intermédiaire chargé par Dieu de délivrer un message aux hommes. C’est le rôle fondamental des prophètes. Dans la Bible on lit souvent des phrases du type : "la parole du Seigneur me fut adressée".
  10. ↑ Les cahiers de 1945 à 1950, 15 avril 1945, p. 52.
  11. ↑ 11,0 11,1 11,2 11,3 et 11,4 Les cahiers de 1945 à 1950, 6 décembre 1947.
  12. ↑ Somme théologique, IIa-IIae, Question 173, Articles 3-4, pp. 931-933.
  13. ↑ Le Château intérieur, sixième demeure, chapitre IV, notamment les paragraphes 5 et 9, ainsi que le chapitre V, paragraphes 7 et 8.
  14. ↑ 14,0 et 14,1 Son ange gardien est Azarias. Elle le vit pour la première fois le 4 janvier 1932 où elle tombe asphyxiée par un dégagement d'oxyde carbonique d'un poêle. Dans sa chute elle brise fort heureusement une vitre et son ange la dévie d'une chute sur des bouteilles (fiasques) où elle aurait eu la gorge tranchée. (Autobiographie, pp. 382-383). C'est sans doute lui qui forme la "seconde voix" dont elle parle et qui lui commente ou précise certains points.
  15. ↑ "Il peut arriver, en effet, que de véritables actions de l'Esprit Saint dans une situation concrète, qui peuvent être appréciées à juste titre, apparaissent mêlées à des éléments purement humains, tels que des désirs personnels, des souvenirs, des idées parfois obsessionnelles, ou à "quelque erreur d'ordre naturel qui n'est pas due à une mauvaise intention, mais à la perception subjective du phénomène" (II, art. 15.2). De plus, "on ne peut pas placer une expérience de vision, sans autre considération, devant le rigoureux dilemme, soit d'être en tous points correcte, soit de devoir être considérée entièrement comme une illusion humaine ou diabolique". (DDF 2024 - Normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels présumés, Présentation, Reconnaissance d'une action de l'Esprit.
  16. ↑ Livre d'Azarias, dimanche de la quinquagésime, p. 15.
  17. ↑ Lettre du 26 août 1912, au Père Agostino de San Marco in Lamis : "J’ai vécu bon nombre de ces élans passionnés d’amour, et je suis resté pendant un certain temps comme hors de ce monde. Les autres fois, ce feu a été moins intense, mais cette fois-ci, un instant, une seconde de plus, et mon âme se serait séparée de mon corps… elle serait partie avec Jésus." , Epistolario I, lettre au P. Agostino, 26 août 1912. (Édition française: Recueil de lettres, Pierre Téqui, pp. 281-282).
  18. ↑ Derniers entretiens, le Carnet Jaune, 7 juillet 1897 : "je commençais mon Chemin de Croix, et voilà que tout-à-coup, j'ai été prise d'un si violent amour pour le bon Dieu que je ne puis expliquer cela qu'en disant que c'était comme si on m'avait plongée tout entière dans le feu. Oh ! quel feu et quelle douceur en même temps ! Je brûlais d'amour et je sentais qu'une minute, une seconde de plus, je n'aurais pu supporter cette ardeur sans mourir." Œuvres complètes, DDB/Cerf, p. 1027.
  19. ↑ EMV 651.2.
  20. ↑ Autobiographie, p. 405.
  21. ↑ 21,0 21,1 et 21,2 Les Cahiers de 1943, 13 mai.
  22. ↑ EMV 361.1.
  23. ↑ Les Cahiers de 1944 – 24 septembre, p. 568.
  24. ↑ S'il y a des précisions à apporter, elle les écrit sur des feuillets séparés à la relecture des textes dactylographiés par le Père Romualdo Migliorini.
  25. ↑ Les cahiers de 1944, 25 janvier, p. 95.
  26. ↑ Elle en parle dans son Autobiographie, pp. 514-515. À la fin de sa vie elle cumulera dix maladies: lésion vertébrale, tumeur ovarienne, myocardite à l’origine de douleurs thoraciques, parésie qui lui fit progressivement perdre les capacités motrices d’une partie du corps, névrite extrêmement douloureuse enflammant le nerf optique, pachyméningite, péritonite, pleurite et enfin, une congestion pulmonaire.
  27. ↑ Il s'agit d'Azarias, celui-là même qui de février 1946 à février 1947 transmettra à Maria Valtorta les commentaires des 58 messes festives.
  28. ↑ Les cahiers de 1945 à 1950, 21 janvier 1946, p. 169.
  29. ↑ "Per obbedienza scrive la sua autobiografia, la prima opera valtortiana, e da qui inizia la sua attività di scrittrice, diventando per diversi anni la penna di Dio. (Par obéissance, elle écrivit son autobiographie, la première œuvre valtortienne, et c'est à partir de là qu'elle commença son activité d'écrivain, devenant le porte-plume de Dieu pendant plusieurs années)." - Santi e Beati, Maria Valtorta {it} - P. Massimo Cuofano, Servites de Marie (+28/04/2017).
  30. ↑ Marie d'Agréda : "Je passai dix ans de, ma supériorité (elle fut Mère supérieure), durant. lesquels je reçus, plusieurs commandements du Très-Haut, et de la grande Reine du ciel afin que j'écrivisse sa très-sainte vie; et je résistai à cause de mes craintes, pendant tout ce temps-là à ces ordres divins" - La Cité mystique de Dieu, tome 1, Introduction, § 19.
  31. ↑ Les Cahiers de 1944, 24 septembre, p. 566.
  32. ↑ EMV 52.
  33. ↑ Les Cahiers de 1944, 11 octobre, p. 580.
  34. ↑ Les Cahiers de 1945 à 1950, 28 janvier 1947, p. 317.
  35. ↑ Catéchisme de l'Église catholique, § 67.
  36. ↑ EMV 41.10
  37. ↑ EMV 44.7/8
  38. ↑ EMV 468.1.
  39. ↑ EMV 361.1
  40. ↑ Les Cahiers de 1945 à 1950, 2 juin 1946, pp. 263-266.