Notre Père
Voir aussi : Rosaire, Ave Maria, Prier, Prière, supplication, Demander.
Le Notre Père, ou Pater Noster en latin, est la prière enseignée par Jésus à ses disciples selon Matthieu 6,9-13 et Luc 11,1-4. C'est la prière chrétienne par excellence.
L'œuvre de Maria Valtorta accorde au Notre Père une place particulièrement importante. Jésus y présente cette prière comme une synthèse de toute la vie spirituelle et en développe le sens à plusieurs reprises.
Le Notre Père dans les Évangiles[modifier | modifier le wikicode]
Seuls deux évangélistes rapportent le don du Notre Père. Ils le font en des formes similaires mais avec des termes différents[1]:
- dans Matthieu 6,9-13, l'invocation de Dieu est suivie de sept demandes; elle n'est suivie que de cinq dans Luc 11,1-4,
- Matthieu s'adresse à "Notre père qui est aux cieux"; Luc seulement à "Père",
- Matthieu demande à ce que sa "volonté soit faite sur la terre comme au ciel", Luc l'ignore,
- pour Matthieu la demande est de recevoir de Dieu "aujourd’hui notre pain de ce jour"; Luc est plus prolixe: "Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour",
- là où Matthieu parle de "dettes" et de "débiteurs"; Luc parle de "péchés" et de "torts",
- si les deux évangélistes demandent à Dieu de ne pas nous laisser "entrer en tentation", seul Matthieu évoque la délivrance du Mal.
Entre ses deux restitutions, l'Église s'est largement inspirée du récit de Matthieu, témoin oculaire. La version de Maria Valtorta, présumée être la version d'origine, est très proche de la version de Matthieu, mais avec quelques nuances plus affirmatives. Parmi elles, l'invocation finale désigne le Malin (Maligno) et non le Mal (Male). Le texte grec du Notre Père permet les deux traductions. Le mot ponēros peut désigner le mal en général ou le Mauvais, c’est-à-dire Satan. Jean-Paul II précise[2] que le terme peut recevoir une interprétation personnelle, et le Catéchisme affirme que, dans cette demande, "le mal n’est pas une abstraction"[3], mais renvoie à Satan, le Mauvais. C'est bien ce qui ressort des explications que Jésus, dans l'œuvre de Maria Valtorta, donne à ses apôtres[4].
Structure et sens du Notre Père[modifier | modifier le wikicode]
Le Notre Père est composé d'une invocation suivie de sept demandes.
"Notre Père qui es aux Cieux
- Que ton Nom soit sanctifié
- Que ton Règne advienne
- Que ta volonté soit faite
- Donne-nous notre pain de ce jour
- Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
- Ne nous laisse pas entrer en tentation
- Mais délivre-nous du Mal."
Sens du Notre Père[modifier | modifier le wikicode]
Le Catéchisme de l'Église catholique (1992) présente ainsi la structure du Notre Père (articles 2803 à 2806):
LES SEPT DEMANDES
2803 Après nous avoir mis en présence de Dieu notre Père pour l’adorer, l’aimer et le bénir, l’Esprit filial fait monter de nos cœurs sept demandes, sept bénédictions. Les trois premières, plus théologales, nous attirent vers la Gloire du Père, les quatre dernières, comme des chemins vers Lui, offrent notre misère à sa Grâce. " L’abîme appelle l’abîme " (Ps 42, 8).
2804 La première vague nous porte vers Lui, pour Lui : ton Nom, ton Règne, ta Volonté ! C’est le propre de l’amour que de penser d’abord à Celui que nous aimons. En chacune de ces trois demandes, nous ne " nous " nommons pas, mais c’est " le désir ardent ", " l’angoisse " même, du Fils bien-aimé pour la Gloire de son Père, qui nous saisit (cf. Lc 22, 14 ; 12, 50) : " Que soit sanctifié ... Que vienne ... Que soit faite ... " : ces trois supplications sont déjà exaucées dans le Sacrifice du Christ Sauveur, mais elles sont tournées désormais, dans l’espérance, vers leur accomplissement final, tant que Dieu n’est pas encore tout en tous (cf. 1 Co 15, 28).
2805 La seconde vague de demandes se déroule dans le mouvement de certaines épiclèses eucharistiques : elle est offrande de nos attentes et attire le regard du Père des miséricordes. Elle monte de nous et nous concerne dès maintenant, en ce monde-ci : " donne-nous... pardonne-nous ... ne nous laisse pas ... délivre-nous ". La quatrième et la cinquième demandes concernent notre vie, comme telle, soit pour la nourrir, soit pour la guérir du péché ; les deux dernières concernent notre combat pour la victoire de la Vie, le combat même de la prière.
2806 Par les trois premières demandes, nous sommes affermis dans la foi, emplis d’espérance et embrasés par la charité. Créatures et encore pécheurs, nous devons demander pour nous, ce " nous " aux mesures du monde et de l’histoire, que nous offrons à l’amour sans mesure de notre Dieu. Car c’est par le Nom de son Christ et le Règne de son Esprit Saint que notre Père accomplit son Dessein de salut, pour nous et pour le monde entier.
Le Notre Père dans la spiritualité chrétienne[modifier | modifier le wikicode]
Cette prière venant de la bouche même du Seigneur, tient une grande place dans la vie spirituelle. Les extraits ci-dessous, à deux siècles de différence, n'ont pour but que d'en montrer les aspects, non d'en faire un exposé exhaustif.
St Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) citant des auteurs anciens
Le Pater, ou l'Oraison dominicale, tire sa première excellence de son auteur, qui n'est pas un homme ou un ange, mais le Roi des anges et des hommes, Jésus-Christ. [...] La sagesse de ce divin Maître paraît bien dans l'ordre, la douceur, la force et la clarté de cette divine prière; elle est courte, mais elle est riche en instruction, intelligible pour les simples et remplie de mystères pour les savants. Le Pater renferme tous les devoirs que nous devons rendre à Dieu, les actes de toutes les vertus et les demandes de tous nos besoins spirituels et corporels. Elle contient, dit Tertullien, l'abrégé de l'Evangile...
37. Saint Chrysostome dit que celui qui ne prie pas comme le divin Maître a prié et enseigné à prier, n'est pas son disciple, et Dieu le Père n'écoute pas agréablement les prières que l'esprit humain a formées, mais bien celles de son Fils, qu'il nous a enseignées...]. L'Oraison dominicale contient sept demandes par lesquelles il peut remédier à ses chutes et se fortifier contre ses ennemis. Elle est courte et facile, afin que, comme nous sommes fragiles et sujets à plusieurs misères, nous recevions un plus prompt secours en la récitant plus souvent et plus dévotement.[5]
Ste Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897)
"Quelquefois, lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse qu'il m'est impossible d'en tirer une pensée pour m'unir au Bon Dieu, je récite très lentement un " Notre Père " et puis la salutation angélique (Avé Maria); alors ces prières me ravissent, elles nourrissent mon âme bien plus que si je les avais récitées précipitamment une centaine de fois..." [6].
Le texte du Notre Père et ses traductions[modifier | modifier le wikicode]
La traduction du texte latin, lui même issu de la formulation primitive de Jésus, a subi plusieurs modifications, la dernière en 2017, réformant la 6ème demande sur la tentation.
| TEXTE DU NOTRE PÈRE | |||
|---|---|---|---|
| Pater noster qui es in cælis :
sanctificétur Nomen Tuum; advéniat Regnum Tuum; fiat volúntas Tua, sicut in cælo, et in terra. Panem nostrum quotidiánum da nobis hódie; et dimítte nobis débita nostra, sicut et nos dimíttimus debitóribus nostris; et ne nos indúcas in tentatiónem; sed líbera nos a Malo. |
Notre Père, qui êtes aux cieux,
que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour/notre pain quotidien, Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation mais délivrez-nous du Mal. |
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal. |
Notre Père qui es dans les Cieux,
que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne sur la Terre comme il l’est au Ciel, et que, sur la Terre comme au Ciel, soit faite ta Volonté. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien, remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs,[7] ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du Malin (du Mal). |
Le Notre Père dans l'œuvre de Maria Valtorta[modifier | modifier le wikicode]
Une prière habituelle de Jésus
Le Notre Père est dit pour la première fois lorsque Jésus quitte Nazareth pour sa vie publique. On ne connaît que partiellement les paroles qu'il dit avec sa mère à cette occasion[8]. Maria Valtorta, en marge d'une copie dactylographiée, éclaire cette primauté d'enseignement:
"Si Jésus a enseigné le Notre Père à ses disciples, ne fallait-il pas qu'il l'ait d'abord enseigné à sa Mère ? À cette Mère qui, lorsqu'elle a reçu Dieu en son sein, a commencé par dire : "Qu'il me soit fait selon sa parole" et qui a toujours répété ce 'fiat', même pour son Fils nouveau-né ? Le Notre Père ne fut pas une improvisation de Jésus pour les apôtres. C'était "sa" prière habituelle, à tel point que les apôtres lui demandèrent : "Enseigne-nous à prier comme tu pries." Et c'était la prière habituelle de Jésus et de Marie."
Maria Valtorta réitère cette explication dans une nouvelle note lorsque les apôtres, par la voix de Pierre, demandent à Jésus de leur apprendre à prier comme il le fait: "Marie n’avait pas besoin d’être préparée à prier par la prière du Christ. Les apôtres, si."[9]
Le don du Notre Père aux apôtres
Jésus lui-même explique aux apôtres pourquoi il ne leur apprend pas d’emblée "la plus sainte des prières" qu'il a prié dans la nuit conformément à l'Évangile[10]-[11] :
"Nous ne savons pas prier ! dit Pierre. Nous ne savons pas dire les belles paroles que Toi tu dis."
- "Dites ce que vous savez, comme vous le savez. Ce ne sont pas les paroles, mais les sentiments qui les accompagnent qui rendent les prières agréables au Père."
- "Nous voudrions prier comme Toi tu pries."
- "Je vous apprendrai aussi à prier. Je vous enseignerai la plus sainte des prières, mais, pour qu'elle ne soit pas une vaine formule sur vos lèvres, je veux que votre cœur possède déjà en lui-même un minimum de sainteté, de lumière, de sagesse... C'est dans ce but que je vous instruis. Plus tard, je vous enseignerai la sainte prière".[12]
Ce "minimum" sera exposé dans le sermon sur la montagne (d'EMV 169 à EMV 176). Puis par les signes éclatants qu'il donnera et les paraboles majeures qu'il prononcera (d'EMV 177 à EMV 202). Puis vient le don du Notre Père aux onze apôtres (Judas s'est abstrait du groupe) qui a lieu au Mont des oliviers lors de la 2ème Pâque.
"Mes chers, si chers disciples et mes continuateurs dans l’avenir, venez près de Moi. Un jour, et pas seulement un jour, vous m’avez dit : "Apprends-nous à prier comme tu pries"[13]. (...) Et je vous ai toujours répondu : "Je le ferai quand je verrai en vous un minimum de préparation suffisant pour que la prière ne soit pas une vaine formule de paroles humaines, mais une vraie conversation avec le Père". Nous y sommes.
[...] "Il ne faut pas autre chose, mes amis[14]. Dans ces mots est renfermé comme en un cercle d’or tout ce qu’il faut à l’homme pour l’esprit, pour la chair et le sang. Avec cela demandez ce qui est utile à celui-là ou à ceux-ci. Et si vous faites ce que vous demandez, vous acquerrez la vie éternelle. C’est une prière si parfaite que les vagues des hérésies et le cours des siècles ne l’entameront pas".[15]
Jésus leur apprend ensuite la prière du Notre Père qu'il commente.[16]
Le Notre Père dans le Temple: une prière universelle
Lors de la 3ème Pâque[17], Jésus s'adresse aux prosélytes venus à Jérusalem pour cette occasion. Cette fête majeure "appelle à haute voix [ses enfants] pour qu’ils viennent, qu’ils viennent de partout, laissant en suspens toute préoccupation pour un souci plus important, le seul qui soit vraiment grand et utile : celui d’honorer le Seigneur et Père.[18]" Jésus étend alors son discours aux dimensions universelles de la communauté humaine: "Toutes les âmes du monde crient dans la sombre prison de leurs corps vers le Très-Haut." C'est dans cet esprit qu'il récite et commente publiquement le Notre Père[19].
L'Église pointe cette universalité dans son Catéchisme § 2793: "Les baptisés ne peuvent prier "notre" Père sans porter auprès de Lui tous ceux pour qui il a donné son Fils bien-aimé. L’amour de Dieu est sans frontière, notre prière doit l’être aussi [...] Prier avec et pour tous les hommes qui ne Le connaissent pas encore, afin qu’ils soient "rassemblés dans l’unité". Ce souci divin de tous les hommes et de toute la création a animé tous les grands priants : il doit dilater notre prière en largeur d’amour lorsque nous osons dire "notre" Père."
Le Notre Père après la Résurrection
Une semaine après sa Résurrection et son apparition aux apôtres, Jésus se manifeste de nouveau aux apôtres en présence de Thomas. Ces épisodes sont connus des Évangiles[20], mais dans l'œuvre de Maria Valtorta, Jésus emmène les 11 apôtres (Judas s'est suicidé) du Cénacle au Gethsémani où il leur donne longuement ses instructions pour l'avenir. Les apôtres expriment le désir de clore ce testament spirituel par le Notre Père. Jésus le récite en commentant la valeur spirituelle qu'il "lègue" ainsi à ses apôtres.
- Le Père (EMV 630.21).
- Le Royaume (EMV 630.22).
- L'obéissance à la volonté de Dieu (EMV 630.23).
- Le pain quotidien (EMV 630.24).
- Le pardon des offenses (EMV 630.25).
- La tentation (EMV 630.26).
La dictée du 7 juillet 1943
Le 7 juillet 1943, deux mois et demi après la vision inaugurale de Maria Valtorta, Jésus consacre une dictée entière au commentaire du Notre Père dans les Cahiers.[21] Cette dictée présente une lecture particulièrement structurée du Notre Père. Elle ne cherche pas seulement à expliquer les paroles de la prière : elle en fait une synthèse de toute la vie spirituelle, depuis la filiation divine jusqu’au combat contre le mal. Le texte affirme d’ailleurs d’emblée : "La perfection de la prière se trouve dans le Notre Père" et considère que toutes les attitudes fondamentales de la vie chrétienne y sont contenues.
"La perfection de la prière se trouve dans le "Notre Père". Observe : aucun acte ne manque dans cette brève formule. Foi, espérance, charité, obéissance, résignation, abandon, demande, contrition, miséricorde sont tous présents. En la disant, vous priez avec tout le Paradis pendant les quatre premières pétitions; puis, quittant le Ciel, la demeure qui vous attend, vous revenez sur terre, les bras levés vers le ciel pour l’implorer de vous accorder les nécessités d’ici-bas et pour demander de l’aide dans la bataille à gagner pour retourner là-haut."[22]
Cette dictée, reçue avant les visions de l'Évangile tel qu'il m'a été révélé, introduit un regard supplémentaire: il ne s'agit pas d'un témoignage historique, qui viendra plus tard, mais d'une attestation de sa haute valeur spirituelle.
L'enseignement de Jésus sur les sept demandes[modifier | modifier le wikicode]
L'originalité de cette dictée sur le Notre Père est de transformer les sept demandes en un parcours spirituel intégral, allant de la conscience de la filiation divine jusqu'à la victoire sur le mal.
"Notre Père qui es aux Cieux"
Le "Notre Père" est bien plus qu'une prière : c'est un acte d'adoption. En l'enseignant, Jésus investit publiquement les hommes du titre d'"enfants du Très Haut" et de ses "frères et sœurs". Cette filiation divine est un remède au doute pour celui qui se sent écrasé par sa propre "nullité humaine".
Jésus a voulu avoir un père terrestre (Joseph) pour protéger son enfance et enseigner aux fils comme aux pères la grandeur morale de la paternité. Si avoir un père est déjà "une douce chose et un grand secours", avoir le Père parfait des Cieux est "la douceur des douceurs, le secours des secours".
Le Père-Dieu doit être regardé avec une "sainte crainte", mais l'amour doit toujours l'emporter, un amour fait de gratitude envers le "donneur de la vie".
"Que ton Nom soit sanctifié"
Cette demande n'est pas d'abord une demande mais une "exultation", une "reconnaissante et juste louange" : en la prononçant, l'homme se joint aux chœurs des anges pour exalter l'Éternel. La prière terrestre devient participation à la liturgie céleste.
C'est Jésus lui-même, "Dieu Fils de Dieu", qui le premier a dit cette parole "avec suprême vénération et suprême amour". Le chrétien ne fait que répéter après lui. Elle doit être répétée "dans la joie et dans la douleur, dans la lumière et dans les ténèbres, dans la paix et dans la guerre" : la sanctification du Nom ne dépend pas des circonstances, elle est due en tout état de cause. L'absence de doute est la clé de la louange perpétuelle.
"Que ton Règne arrive"
Cette demande est le centre de gravité de la vie chrétienne. Le Règne de Dieu s'établit "dans les cœurs, et, à partir des cœurs, dans le monde" : la transformation du monde procède de l'intérieur de l'homme. La vie doit être scandée "d'innombrables implorations" pour cet avènement : une prière continue, régulière comme un battement. L'imploration doit se traduire en actions. Prier pour le Règne, c'est œuvrer pour lui. C'est par ce don de soi que le Règne advient. Il n'y a pas d'action bonne sans ce renoncement.
"Que ta Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel"
En faisant la volonté du Père, l'homme s'unit "au Paradis tout entier" : la terre rejoint le ciel dans une même obéissance, et c'est précisément en la pratiquant qu'on devient "habitant de là-haut". Celui qui fait la volonté du Père "ne peut se tromper, il ne peut pécher, il ne peut perdre sa demeure au Ciel". Car le Père ne fait faire que ce qui est bien, et ce bien sauve du péché et conduit au Ciel.
Faire la volonté du Père "en annulant sa propre volonté" fait connaître et savourer sur terre la paix réservée aux bienheureux : l'anticipation du ciel est déjà donnée ici-bas. Celui qui tue "sa propre volonté perverse et pervertie" "n'est plus un homme : il est déjà un esprit mû par l'amour et vivant dans l'amour". La conformité à la volonté divine transfigure l'être lui-même.
"Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien"
Demander un jour à la fois.
- Qui aurait tout d'un coup gaspillerait les dons de Dieu et l'abondance ferait oublier Dieu lui-même.
- Le Christ lui-même "reçut l'aide du Père un jour à la fois". Tout demander d'avance, c'est de la méfiance qui est un péché.
- Redemander chaque jour rappelle notre nullité et de notre pauvreté, face au "Tout et à la Richesse de Dieu".
Notre pain quotidien
Le pain condense en un seul mot tous les besoins de la vie terrestre en quatre niveaux :
- Pain-nourriture.
- Pain-secours dans les nécessités morales et matérielles.
- Pain-religion pour ceux qui font passer Dieu avant les satisfactions des sens.
- Pain-esprit, pain-sacrifice pour ceux qui "se sont ciselés sur mon modèle" et que le Père étreint d'amour.
"Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés"
Prier le Père, c'est lui demander de nous "raer du nombre de ses débiteurs" : le péché est dette, et la miséricorde est remise de créance. Demander avec "une âme sincère, humble, contrite" suffit à "plier l'Éternel en notre faveur". Dieu se laisse fléchir par l'humilité.
La condition essentielle pour recevoir le pardon est de pardonner. Nul ne peut se fermer au prochain et rester ouvert à Dieu : la mesure du pardon reçu est la mesure du pardon donné.
"Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal"
"Dieu ne vous induit pas en tentation". Le Père ne tente que "avec des dons de bien", et seulement pour attirer à lui. Dieu n'éprouve pas ses enfants par le mal. Dieu est "le Bien dont jaillit chaque bien" ; le mal, lui, "existe depuis que Lucifer se tourna contre Dieu" il a pour origine une créature, non Dieu.
La tâche de l'homme est de transformer le mal avec l'aide de Dieu. En "implorant du Père les forces pour le vaincre", le mal permis devient matière de victoire spirituelle, et la prière est une demande de forces. La lumière éclaire, la puissance fortifie, l'amour protège, "grâce à quoi le mal meurt et vous en êtes délivrés". La délivrance n'est pas un retrait du mal, mais une force donnée pour le faire mourir.
Pour aller plus loin[modifier | modifier le wikicode]
Cet article générique est complété par des articles thématiques
- Notre Père qui es aux Cieux
- Que ton Nom soit sanctifié
- Que ton Règne vienne
- Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel
- Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
- Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
- Ne nous laisse pas entrer en tentation
- Mais délivre-nous du Mal
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ Nous nous référons à la traduction de l'Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones (A.E.L.F).
- ↑ Jean-Paul II, Audience générale du 18 août 1999, La voie de la conversion, libération du mal, § 4.
- ↑ CEC § 2851.
- ↑ EMV 203.12.
- ↑ Cf Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, "Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver" St Louis Marie Grignion de Monfort, Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver, § 36 et 37.
- ↑ Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Manuscrit C Folio 25 Verso
- ↑ Cf. Matthieu 6,12
- ↑ EMV 44.3 et EMV 44.13)
- ↑ Note d'EMV 62.2
- ↑ Marc 1,35-39
- ↑ Luc 4,42-43
- ↑ EMV 62.2
- ↑ En EMV 62.2, EMV 119.10 et EMV 149.3.
- ↑ Cf. Jean 15,15: "Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître."
- ↑ EMV 203.5
- ↑ EMV 203.5/13
- ↑ La première annonce aux apôtres avait eu lieu lors de la 2ème Pâque. La 3ème aura lieu à la Résurrection. Il semble donc y avoir la volonté, dans l'œuvre de Maria Valtorta de lier cette prière au mystère pascal.
- ↑ EMV 364.6.
- ↑ EMV 364.7
- ↑ Cf. Luc 24,36-45 | Jean 20,19-29.
- ↑ Les Cahiers de 1943, Prière du Notre Père, Catéchèse du 7 juillet 1943
- ↑ Catéchèse du 7 juillet 1943, Prière du Notre Père, p.140