Annonciation
Les circonstances
Marie est âgée "de quinze ans tout au plus". Dans sa chambre de Nazareth, elle file du lin très blanc et doux comme de la soie. À ce qu'observe Maria Valtorta, elle est perdue dans une vision joyeuse que lui procure un cantique qu'elle chantonne à mi-voix. Puis le chant se fait prière :"Seigneur, Dieu très-haut, ne tarde pas davantage à envoyer ton Serviteur apporter la paix sur la terre. Suscite le temps favorable et la vierge pure et féconde pour l’avènement de ton Christ. Père, Père saint, accorde à ta servante d’offrir sa vie à cette intention. Accorde-moi de mourir après avoir vu ta lumière et ta justice sur la terre, et avoir su que la Rédemption est accomplie. Père saint, donne à ton peuple celui en qui les prophètes espéraient. Envoie le Rédempteur à ta servante. À l’heure où mon séjour sur terre s’achèvera, que ta demeure s’ouvre à moi, parce que ses portes auront déjà été ouvertes par ton Christ pour tous ceux qui auront espéré en toi. Viens, viens, Esprit du Seigneur, viens chez tes fidèles qui t’attendent. Viens, Prince de la paix ![2]"C'est le moment que choisit l'archange Gabriel pour apparaître. Maria Valtorta le décrit ainsi :
"Il lui faut prendre une apparence humaine, mais elle transcende l’humain. De quelle chair est formée cette figure superbe, éclatante ? De quelle substance Dieu l’a-t-il matérialisée pour la rendre perceptible aux sens de la Vierge ? Dieu seul peut posséder de telles essences et les utiliser de manière aussi parfaite. Ce sont bien un visage, un corps, des yeux, une bouche, des cheveux et des mains comme les nôtres, mais sans notre matière opaque. C’est une lumière qui a pris la couleur de la chair, des yeux, des cheveux, des lèvres, une lumière qui bouge, sourit, regarde et parle."À la salutation de l'ange, agenouillé à un mètre d’elle environ, Marie tressaille et baisse les yeux. Elle se dresse sur ses pieds et se serre contre le mur. Elle pâlit et rougit tour à tour. Son visage exprime stupeur et effroi. Inconsciemment, elle serre les mains sur son sein et les rentre dans ses longues manches. Elle se penche presque pour cacher le plus possible son corps, en un geste de douce pudeur. Ce qui incite l'ange à la rassurer par deux fois.
L'ange lui annonce, comme le rapporte l'Évangile, sa future maternité et le destin de celui qui s'appellera "Jésus". Marie se demande comment s'accomplira cette maternité puisqu'elle avait fait le vœu de virginité. Il l'informe : "Ce n’est pas par l’action d’un homme que tu seras mère, Marie. Tu es la Vierge éternelle, la Sainte de Dieu. L’Esprit Saint descendra en toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre [...] Rien n’est impossible à Dieu, Marie, pleine de grâce. Que dois-je dire à mon Seigneur ? Qu’aucune pensée ne te trouble. Il veillera sur tes intérêts si tu lui fais confiance. Le monde, le ciel, l’Eternel attendent ta réponse !"
À son tour, Marie croise les mains sur sa poitrine, s’incline profondément, et dit : "Voici la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait (Fiat) selon sa parole".
L'Ange étincelle alors de joie. Il adore, parce qu’il voit sûrement l'Esprit de Dieu s'abaisser sur la Vierge, prosternée pour donner son accord. Puis il disparaît, sans faire bouger la tenture qu'il laisse tirée sur ce saint mystère[3].
Points remarquables
La partie centrale de la scène suit le récit évangélique de Luc avec quelques ajouts cohérents. La mise en situation permet de se représenter la chambre où eut lieu l'Incarnation au point que Lorenzo Ferri a pu en faire le croquis.
Maria Valtorta lie l'interrogation de Marie à son vœu de virginité. Un vœu qu'elle avait partagé avec Joseph son époux, lui-même voué à la virginité. Ce que Maria Valtorta commente[4] :"La Vierge le savait-elle ?NON. “À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation” (Luc 1,29).
Marie dit à l’ange : “Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ?”
Si elle l’avait su, elle ne se serait pas troublée à cette salutation, et elle ne se serait pas demandé ce que cela voulait dire. Elle aurait simplement pensé : “Voici venue l’heure de la conception du Verbe, dans mon sein, par l’opération du Saint-Esprit.”
C’est précisément parce qu’elle ne sait rien qu’elle demande comment il lui est possible de devenir mère, puisqu’elle ne connaît pas d’homme. Cette question montre avec évidence que Marie ignorait qu’elle était destinée à la maternité divine, comment et par qui pourrait s’accomplir l’acte qui allait donner chair au Verbe, et de quelle manière.
Il est vrai que, comme le dit saint Thomas, l’Annonciation fut voulue par Dieu pour obtenir le libre consentement de Marie. Mais il est tout aussi vrai que c’est à l’ange que revint la tâche d’éclairer Marie. Auparavant, elle ignorait tout."
Dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
- L’évènement[5]
- Ce "oui" a annulé le "non" d'Ève à l'ordre de Dieu.[6]
- La narration assez complète par Jésus en[7]
- Le "que l'âme de Marie soit faite sans faute" c'est un prodige du Créateur. C'est à Lui donc qu'en va la louange. Mais le "qu'il soit fait de moi selon ta parole" c'est un prodige de ma Mère.[8]
- Description de l’Annonciation directement par Jésus au moment de la "transfiguration" (découverte du visage mystique) de Marie.[9]
Dans les autres ouvrages de Maria Valtorta
Les Cahiers
- Jésus commente l'Annonciation dans la dictée du 4 septembre 1943
Dans les textes fondamentaux chrétiens
Dans le Catéchisme de l'Église catholique
- Celle qui a cru est dite bienheureuse CEC 148
- Lors de l'Annonciation, l'ange Gabriel donne le nom de Jésus CEC 430
- L'immaculée conception CEC 490
- Fille de Sion CEC 722