Les paraboles des Évangiles dans l’œuvre de Maria Valtorta
La question se pose naturellement à qui lit Maria Valtorta et les Évangiles : retrouve-t-on toutes les paraboles évangéliques dans l’œuvre ? Sont-elles bien là, et sous quelle forme ? Pour répondre à cette question il fallait qu'une étude parte non pas de l'Œuvre en se demandant "y a-t-il ici une parabole ?", mais de la liste close des paraboles évangéliques en se demandant, pour chacune, "où est-elle dans l’œuvre ?"
Soixante entrées ont été établies :
- les paraboles proprement dites,
- les similitudes brèves comme le sel ou la lampe,
- et les six allégories de saint Jean[1].
L’ensemble a été passé au crible des six cent cinquante-deux chapitres de l'Œuvre.
- Cinquante-sept sur soixante, sont pleinement développées.
- Deux ne sont pas racontées car le texte les suppose connues et passe à leur conclusion.
- Une quatrième ne figure que dans un autre ouvrage: Les Cahiers de 1944, où elle est commentée par Jésus.
Note méthodologique[modifier | modifier le wikicode]
Cette étude a été établie en cherchant, une par une, les soixante paraboles et similitudes des quatre Évangiles dans les six cent cinquante-deux chapitres de L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, puis en lisant chaque passage trouvé dans son contexte. La liste canonique retenue inclut les similitudes brèves (le sel, la lampe, la paille et la poutre, l'arbre et ses fruits) et les six allégories johanniques.
Les décomptes usuels vont de trente à soixante selon qu'on retient ou non ces formes courtes, mais le bilan ne change pas si l'on s'en tient aux seules paraboles-récits — les deux absences en font partie. Les passages évangéliques cités le sont dans la traduction de l'abbé Augustin Crampon (1923), dans le domaine public.
I. Paraboles évangéliques et paraboles inédites[modifier | modifier le wikicode]
L'Œuvre porte cent quinze paraboles, et soixante seulement ont un parallèle dans les quatre Évangiles. Autrement dit, près de la moitié des paraboles que Jésus raconte dans l'Œuvre n'existent nulle part ailleurs.
Le cheval préféré du roi, les fourmis, le pissenlit, la boue qui devient flamme, la goutte d'eau sur la pierre dure, les quatre fleuves du paradis : la matière propre à l'Œuvre est considérable, et c'est elle, bien plus que les reprises, qui en fait la physionomie. La question "manque-t-il quelque chose ?" a donc, dès le départ, sa réponse: il manque très peu, et il s'ajoute beaucoup.
II. Les trois récits elliptiques[modifier | modifier le wikicode]
Il s'agit des paraboles évangéliques rapportées partiellement ou évoquées dans l'œuvre de Maria Valtorta.
Les mines (Luc 19,11-27)[modifier | modifier le wikicode]
La parabole des mines (Luc 19) ne figure pas dans le récit évangélique de l'Œuvre mais dans une dictée du 29 juin 1994. Jésus la reprend en la nommant lui-même : "N'as-tu jamais considéré que l'on pourrait appliquer cette raison à la parabole des mines dont parle Luc ? ". Dans le commentaire qu'il en fait, la mine (unité de poids) devient le symbole du temps de vie terrestre — « il vous est donné une heure d'éternité, un moment d'éternité pour conquérir l'Éternité ». Les trois serviteurs de la parabole, sur les dix qui reçoivent une mine, deviennent quatre dans le commentaire, avec un état intermédiaire, le purgatoire, qu'aucune parabole évangélique ne connaît puisque la notion n'était pas aussi précise dans le Judaïsme de cette époque. Et les citoyens que Luc fait égorger s'effacent au profit de ce quatrième serviteur qui n'a pas cru au Royaume et choisit la damnation éternelle.
On a souvent rapproché la parabole des mines de Luc avec celle des talents[2] de Matthieu. Si elles présentent des similitudes, elles ont cependant des différences: Dans l'œuvre, Jésus explique que la mine (symbole de la vie terrestre) est la même pour tous. Les talents, eux, sont distribués "à chacun selon ses capacités".
Les deux débiteurs (Luc 7,41-43)[modifier | modifier le wikicode]
C'est le manque le plus net, et le plus intéressant, parce qu'il est assumé à voix haute. La scène de Luc est bien là : le repas chez Simon le pharisien, la pécheresse qui pleure aux pieds de Jésus, et jusqu'à la conclusion lucanienne — « Il est beaucoup, beaucoup, beaucoup pardonné à ceux qui aiment beaucoup ». Mais la petite parabole des deux débiteurs, que Luc place entre les deux, n'est pas transcrite. Maria Valtorta écrit :
J'entends ici les paroles bien connues de l'Évangile et je les entends dites sur un ton et accompagnées d'un regard qui font baisser la tête au vieillard haineux.— L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 236.4
Et Jésus enchaîne aussitôt : ce qui a fait baisser la tête au pharisien, dit-il, et "ce que l'Évangile ne rapporte pas"[3], ce sont les paroles que son regard a enfoncées dans cette âme sèche. Suit un long réquisitoire muet, absent de Luc. On tient là le principe de composition de l'Œuvre à l'état pur : là où l'Évangile suffit, il n'est pas redit ; le texte se déploie dans ses blancs. Le manque n'est pas une lacune, c'est un choix.
À noter au passage, car le détail est beau : la parabole que Jésus adresse effectivement à Marie-Madeleine pour obtenir sa conversion n'est pas celle des deux débiteurs, mais celle de la brebis perdue, trois chapitres plus tôt[4].
Le grand festin (Luc 14,1-24)[modifier | modifier le wikicode]
Le cas est jumeau du précédent, et il est plus troublant encore, parce que rien ne manque autour. Le chapitre 335 rapporte le repas chez le pharisien Ismaël Ben Fabi, l'hydropique guéri un jour de sabbat, la leçon sur les dernières places, le conseil d'inviter ceux qui ne peuvent rien rendre — toute la séquence de Luc 14, dans l'ordre. Et jusqu'à l'exclamation d'un convive qui, chez Luc, déclenche la parabole. Mais la parabole elle-même n'est pas racontée. Le texte porte une simple indication de régie :
Alors Jésus dit la parabole du banquet et achève : « Les charges… les occupations, as-tu dit. C'est vrai. »— L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 335.17.
La différence avec les deux débiteurs est que l'ellipse ne s'explique pas ici : aucun commentaire ne la justifie. Ce qui suit, en revanche, est entièrement propre à l'Œuvre — Jésus reprend l'excuse de son interlocuteur, « les charges, les occupations », la reconnaît exacte, puis la retourne : ce sont elles qui font manquer le Royaume.
III. Ce que l'Œuvre ajoute aux paraboles communes[modifier | modifier le wikicode]
Pour les cinquante-sept paraboles présentes des deux côtés, qu'est-ce qui change ? Les écarts se rangent en quelques mécanismes qui reviennent d'une parabole à l'autre, et qui finissent par dessiner l'apport propre de l'œuvre et pour lequel il est bon de se rappeler les règles propres à l'art du Mâshâl (comparaison) traité dans un autre article..
Le contexte et l'auditoire[modifier | modifier le wikicode]
Chaque parabole est contextualisée: elle se développe à partir d'une occasion donnée. Elle reçoit une heure, un lieu, une situation — et donc un auditoire nommé, souvent plus précis que celui des Évangiles.
- La parabole des deux fils envoyés à la vigne dénoncent l'hypocrisie des pharisiens qui disent et ne font pas, mais dans l'œuvre de Maria Valtorta elle devient l'antithèse d'une parabole qui s'adresse à des moissonneurs et à des glaneuses, humbles et craintifs[5]. Le réquisitoire s'enrichit en devenant encouragement.
- De même la parabole du riche et du pauvre Lazare : chez Luc (16,19-31), la parabole semble s'adresser à des pharisiens attachés à à leurs richesses et indifférents à la souffrance des pauvres. C'est une menace. Dans l'œuvre de Maria Valtorta, elle s'adresse à des journaliers affamés que leur maître laisse mourir[6], et c'est une consolation, presqu'une promesse de restitution.
Des personnages qui ont une raison d'agir ainsi[modifier | modifier le wikicode]
Les Évangiles ne motivent presque jamais les conduites. Ici, chaque geste a une cause.
- Dans la parabole du bon samaritain, Luc (10,30-37) ne dit pas pourquoi le prêtre et le lévite passent outre devant l'homme laissé sur la route ; l'Œuvre le dit : le lévite écarte son habit pour ne pas se souiller de sang, et le prêtre sort du Temple, ses vêtements encore imprégnés d'encens. La primauté du culte et celle de la charité se croisent en sens contraires sur la même route.
- Le refus de l'aîné, dans les deux fils (Matthieu 21,28-31) , devient les raisons d'un homme timoré qui a peur du déclassement social, voire des représailles : il ressemble moins au pécheur endurci qu'au disciple hésitant.
- La dureté du riche (Luc 16,19-31) s'explique : le pauvre Lazare à sa porte était un reproche vivant.
- Et le juge inique, qui cède "parce que cette veuve m'importune" (Luc 18,1-8), a dans l'œuvre de Maria Valtorta, un second motif d'agacement: la ville se moque de lui et le blâme. À la pression sociale s'ajoute un autre détail: on voit le juge avertir le riche qu'il ne peut plus le couvrir et l'oblige ainsi à rendre à la veuve l'argent indûment retenu.
Un récit qui prolonge la fin canonique[modifier | modifier le wikicode]
- Luc (15-11-32) laisse le fils prodigue sur le plaidoyer du père, sans dire si l'aîné entre. Dans l'œuvre de Maria Valtorta la phrase est nette : il se rend aux raisons de son père[7]. L'épisode trouve immédiatement son terrain d'application: le soir même, Judas rentre après une faute. Marie demande alors expressément aux apôtres de se conduire comme l'aîné de la parabole.
- Comme indiqué au paragraphe précédent, le juge inique convoque le riche, et l'argent indûment détenu est effectivement versé à la veuve.
- Le Samaritain Luc (10,30-37) ne se débarrasse pas d'un cas encombrant: il veille le blessé toute la nuit et ne le confie à l'aubergiste qu'à l'aube[8].
- Dans la parabole du Bon grain et de l'ivraie, de Matthieu (13,24-30), on ramasse d'abord l'ivraie pour la brûler. Dans le récit de Maria Valtorta, on fauche tout ensemble (ce que feront les anges à la fin des temps), on ne trie, comme au Jugement dernier, qu'après dessèchement : la cendre devient fumure et le bon grain rempli les greniers.
Un sens profond qui se déplace, parfois s’inverse[modifier | modifier le wikicode]
L'amplification ne touche plus au décor mais au sens que l'on donne habituellement à la parabole.
- Chez Matthieu (25,14-30), le serviteur puni des talents est celui qui n'en avait reçu qu'un seul : la parabole avertit les médiocres. Dans l'œuvre de Maria Valtorta, l'unique talent est d'or et vaut plus que les cinq talents d'argent. Le serviteur puni n'est plus le moins doté, mais le préféré. La parabole cesse de viser les petits pour viser les mieux dotés, ce qui est cohérent avec la maxime évangélique rapportée par Luc 12,48: "À qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage."
- Chez les synoptiques[9], les quatre terrains du semeur sont fondés sur un fait acquis : le grain tombe où il tombe. Dans l'œuvre de Maria Valtorta, chaque défaut est le résultat d'un acte commis : un champ hérité et laissé à l'abandon, un autre acheté sans qu'on ait sondé le sous-sol, un troisième qu'on a coupé de sentiers pour marcher moins[10]. Le mauvais terrain cesse d'être un destin pour devenir un passif accumulé : on passe de la fatalité à la responsabilité.
- Dans Matthieu 9,16-17 et Luc 5,36-39, la comparaison avec la pièce d'étoffe est le renversement le plus net. Les deux évangélistes en tirent qu'on ne coud pas du neuf sur du vieux (a nouveauté de l'Évangile contre les vieilles observances). Dans l'œuvre de Maria Valtorta, la même image sert un propos rigoureusement inverse, plus cohérent avec d'autres paroles de Jésus et l'enseignement fondamental de l'Église: le vieux vêtement n'est pas à jeter, il est à réparer[11].
- Dans Matthieu 13,31-32 et Marc 4,30-32, le grain de sénevé (de moutarde) n'est pas que le Royaume qui abritera les nations pour devenir aussi la charité dans le cœur d'un homme. La prophétie sur l'expansion de l'Église se complète de la prophétie sur le Royaume de Dieu qui est en nous (cf. Luc 17,21).
- La semence qui pousse d'elle-même, chez Marc (4,26-29) dit que le Royaume croît par une force qui n'est pas la nôtre. Dans l'œuvre de Maria Valtorta, la même image s'applique au cheminement de la Parole dans une âme et déconseille l'intervention brusque sur une âme[12]. Le "il ne sait comment" devient une consigne de non-ingérence adressée à des apôtres pressés de voir se convertir Marie de Magdala.
- Enfin, chez Luc (15,3-7), la brebis perdue se perd passivement. Dans l'œuvre de Maria Valtorta[13], la brebis est la préférée, mais elle choisit de suivre un séducteur, sourde aux appels du berger. L'histoire d'un égarement devient une histoire d'un choix de perdition, ce qui donne plus de valeur au pardon final.
Des réponses aux interrogations de l'exégèse[modifier | modifier le wikicode]
Plusieurs paraboles semblent écrites en réponse aux objections que se pose traditionnellement l'exégèse.
- Par exemple, celle de l'habit de noces que rapporte Matthieu 22,2-14: comment reprocher son vêtement à un homme ramassé aux croisées des chemins ? L'Œuvre, sur ce point[14], rajoute un détail : les serviteurs, en amenant les invités, "leur fournirent le nécessaire pour qu'ils puissent entrer dignement". L'homme est donc bien sans excuse, et le texte le dit : "Il ne sut que répondre car, effectivement, il n'avait pas d'excuses".
- Dans Luc 18,9-14, on ne sait rien du pharisien et du publicain : tout se joue dans deux prières. Celle du pharisien respecte la Loi, ce qui est d'obligation. L'œuvre de Maria Valtorta démontre par les faits en quoi cette parabole s'adresse à "certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres."[15] Plus de la moitié du récit se déroule avant le Temple, et le pharisien qui se dit intègre démontre son amour de l'argent et son inhumanité. Le publicain, personnage réprouvé par la société, démontre au contraire son humanité. Ainsi la parabole ne porte pas seulement sur la seule disposition intérieure mais sur les actes en vérité.
- La parabole des dix vierges, de Matthieu (25,1-13) ne met en scène que l'époux. Dans l'œuvre de Maria Valtorta[16] l'épouse existe et devient l'allégorie de l'âme, l'époux, c'est Dieu, les noces l'éternité. L'huile, la flamme, les vêtements virginaux, ... deviennent le support d'une catéchèse sur la sainteté. Ce qui explique le sort final des cinq vierges sottes.
Des détails vécus[modifier | modifier le wikicode]
C'est l'un des traits les plus reconnaissables de l'Œuvre : les gestes sont décomposés avec réalisme.
- Le bon Samaritain (Luc 10,25-37) ranime d'abord le blessé avec du vin fort, déchire son propre manteau pour en faire des bandes, nettoie les plaies au vinaigre, les oint d'huile, puis conduit la bête à pied en soutenant l'homme et en lui parlant[17].
- Ailleurs, ce sont les voisines de la drachme perdue, qui chez Luc n'existent que pour partager la joie finale, et qui ici participent au premier ramassage, se découragent, rentrent chez elles, et doivent être rappelées à grands cris.
- Ou le fils prodigue, qui n'arrive même pas à manger les glands des porcs, trop amers ; dont l'employeur est l'ancien profiteur qui l'avait ruiné ; et qui se faisait passer là-bas pour fils de roi, ayant honte d'avouer qu'il était un campagnard.
IV. Saint Jean, la seule exception[modifier | modifier le wikicode]
Tout ce qui précède vaut pour les synoptiques. Les allégories[1] de Jean, elles, sont reprises presque mot pour mot :
- "Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron" (Jean 15,1-8 | EMV 600.30)
- "si le grain de blé tombé en terre ne meurt" (Jean 12,24 | EMV 598.13),
- "N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?" (Jean 11,9 | EMV 547.5).
- etc.
Par contre, la parabole du Bon Pasteur (Jean 10,1-18) y est dédoublée. Le discours johannique proprement dit se trouve à sa place canonique[18], à la suite de la guérison de l'aveugle-né, où Jésus se dit « en même temps la Porte et le Berger ». Mais l'Œuvre porte aussi, plus avant, une parabole du Bon Berger qui est un récit tout autre[19] à destination d'un enfant qui la réclame: un roi-berger conduit à son Royaume, un troupeau qui se disperse, se rebelle et s'entretue. Un seul agnelet fidèle et aimant, arrivera à la porte de son royaume. Deux textes, une même figure, et rien de commun entre eux.
Ce que ces manques révèlent[modifier | modifier le wikicode]
On aurait pu attendre d'une œuvre de cette ampleur qu'elle complète les Évangiles, ou qu'elle les répète. Elle ne fait ni l'un ni l'autre. Elle suppose l'Évangile connu — au point de sauter la parabole des deux débiteurs en disant qu'on la connaît déjà —, et elle occupe le reste : les mobiles qu'on ignorait, les scènes d'après la dernière ligne, les auditoires que Luc n'avait pas nommés. Les quatre manques sont, à leur manière, la meilleure preuve de cette économie : ce n'est pas là que le texte est faible, c'est là qu'il estime n'avoir rien à ajouter.
La concordance, parabole par parabole[modifier | modifier le wikicode]
Voici les soixante entrées de la liste canonique, avec le chapitre de l'Œuvre où chacune se trouve.
Le lecteur trouvera par ailleurs, à ce lien, l'index des cent quinze paraboles évangéliques ou inédites.| Parabole | Référence | Dans l'Œuvre |
|---|---|---|
| Le sel de la terre | Mt 5, 13 ; Lc 14, 34 | 98 · 169 |
| La lampe sous le boisseau | Mt 5, 15 ; Mc 4, 21 ; Lc 11, 33 | 169 |
| La paille et la poutre | Mt 7, 3-5 ; Lc 6, 41-42 | 174 |
| Les perles aux pourceaux | Mt 7, 6 | 174 · 376 |
| Le père qui donne le pain | Mt 7, 9-11 ; Lc 11, 11-13 | 172 · 203 |
| La porte étroite | Mt 7, 13-14 ; Lc 13, 24-30 | 363 · 385 |
| L'arbre et ses fruits | Mt 7, 16-20 ; Lc 6, 43-45 | 171 · 269 · 525 |
| Les deux maisons, sur le roc et le sable | Mt 7, 24-27 ; Lc 6, 47-49 | 174 |
| Le médecin et les bien portants | Mt 9, 12 ; Mc 2, 17 | 245 · 224 |
| La pièce d'étoffe et les outres neuves | Mt 9, 16-17 ; Lc 5, 36-39 | 159 · 567 |
| Les enfants sur la place publique | Mt 11, 16-19 ; Lc 7, 31-35 | 266 |
| L'homme fort ligoté | Mt 12, 29 ; Mc 3, 27 | 269 |
| L'esprit impur qui revient | Mt 12, 43-45 ; Lc 11, 24-26 | 269 |
| Le semeur | Mt 13, 3-9 ; Mc 4, 1-9 ; Lc 8, 4-8 | 179 |
| L'explication du semeur, et pourquoi les paraboles | Mt 13, 10-23 | 180 |
| Le bon grain et l'ivraie | Mt 13, 24-30. 36-43 | 181 |
| Le grain de sénevé | Mt 13, 31-32 ; Mc 4, 30-32 | 184 |
| Le levain dans la farine | Mt 13, 33 ; Lc 13, 20-21 | 327 · 79 |
| Le trésor caché dans le champ | Mt 13, 44 | 237 |
| La perle de grand prix | Mt 13, 45-46 | 239 |
| Le filet jeté en mer | Mt 13, 47-50 | 239 |
| Le scribe, trésor ancien et neuf | Mt 13, 52 | 239 |
| L'aveugle qui guide un aveugle | Mt 15, 14 ; Lc 6, 39 | 301 |
| La brebis perdue | Mt 18, 12-14 ; Lc 15, 4-7 | 233 |
| Le serviteur impitoyable | Mt 18, 23-35 | 278 |
| Les ouvriers de la onzième heure | Mt 20, 1-16 | 329 |
| Les deux fils envoyés à la vigne | Mt 21, 28-32 | 407 |
| Les vignerons homicides | Mt 21, 33-46 ; Mc 12, 1-12 ; Lc 20, 9-19 | 592 |
| Les noces du fils du roi, et l'habit de noces | Mt 22, 1-14 | 206 |
| Le figuier qui bourgeonne | Mt 24, 32-35 ; Mc 13, 28-31 ; Lc 21, 29-33 | 596 |
| Le voleur dans la nuit | Mt 24, 43-44 ; Lc 12, 39-40 | 276 · 596 |
| Le serviteur fidèle et le mauvais serviteur | Mt 24, 45-51 ; Lc 12, 42-46 | 596 |
| Les dix vierges | Mt 25, 1-13 | 206 |
| Les talents | Mt 25, 14-30 | 281 |
| Les brebis et les boucs | Mt 25, 31-46 | 596 |
| La semence qui pousse d'elle-même | Mc 4, 26-29 | 184 |
| Le portier vigilant | Mc 13, 33-37 | réduit à la seule exhortation, ch. 596 |
| Parabole | Référence | Dans l'Œuvre |
|---|---|---|
| Les deux débiteurs | Lc 7, 41-43 | non transcrite — la scène est au ch. 236 |
| Le bon Samaritain | Lc 10, 25-37 | 281 |
| L'ami importun à minuit | Lc 11, 5-8 | 203 |
| Le riche insensé | Lc 12, 16-21 | 276 |
| Le serviteur vigilant, et le maître qui sert | Lc 12, 35-38 | 276 |
| Le figuier stérile | Lc 13, 6-9 | 338 |
| Les premières places au banquet | Lc 14, 7-11 | 335 |
| Le grand festin et les invités qui se dérobent | Lc 14, 16-24 | non racontée — cadre et morale seuls, ch. 335 |
| La tour à bâtir et le roi qui part en guerre | Lc 14, 28-33 | 281 |
| La drachme perdue | Lc 15, 8-10 | 241 |
| Le fils prodigue | Lc 15, 11-32 | 205 |
| L'intendant infidèle mais avisé | Lc 16, 1-8 | 381 |
| Le riche et le pauvre Lazare | Lc 16, 19-31 | 191 |
| Le serviteur inutile | Lc 17, 7-10 | 422 |
| La veuve et le juge inique | Lc 18, 1-8 | 505 |
| Le pharisien et le publicain | Lc 18, 9-14 | 523 |
| Les mines | Lc 19, 11-27 | absente — reprise dans les Cahiers de 1944 |
| Parabole | Référence | Dans l'Œuvre |
|---|---|---|
| L'esclave et le fils dans la maison | Jn 8, 35 | 507 |
| Le bon Pasteur et la porte des brebis | Jn 10, 1-18 | 518 · 352 |
| Les douze heures du jour | Jn 11, 9-10 | 547 |
| Le grain de blé qui meurt | Jn 12, 24 | 598 |
| La vigne et les sarments | Jn 15, 1-8 | 600 |
| La femme qui enfante | Jn 16, 21 | 600 |
Conclusion[modifier | modifier le wikicode]
Au terme de cette enquête, la réponse à la question initiale est donc particulièrement nette : les paraboles évangéliques sont présentes dans l’œuvre de Maria Valtorta, mais elles n'y sont presque jamais simplement répétées.
Sur les soixante entrées retenues — paraboles proprement dites, similitudes brèves et allégories johanniques — cinquante-sept sont pleinement développées dans L'Évangile tel qu'il m'a été révélé. Deux autres sont volontairement laissées en ellipse, comme des récits que le texte suppose déjà connus du lecteur, tandis que la parabole des mines est reprise et commentée dans Les Cahiers de 1944. Le constat est donc celui d'une concordance remarquable, mais d'une concordance qui ne se réduit pas à une reproduction.
Car l'intérêt principal de cette comparaison apparaît précisément dans les différences.
L'Œuvre donne aux paraboles ce que les Évangiles, par leur concision, ne développent généralement pas : un lieu, un moment, un auditoire, des circonstances et des personnages. Elle explique les gestes, propose des mobiles, prolonge parfois le récit au-delà de sa conclusion évangélique. Le prêtre et le lévite du Bon Samaritain, le frère aîné du fils prodigue, le juge inique, les invités aux noces ou les vierges qui attendent l'époux cessent ainsi d'être seulement des figures exemplaires : ils deviennent des personnages dont les actes s'inscrivent dans une histoire.
Mais l'apport ne se limite pas à une mise en scène plus détaillée. Dans plusieurs cas, la parabole elle-même reçoit un éclairage nouveau. Le mauvais terrain du semeur devient le résultat de choix antérieurs ; le talent unique n'est plus celui du moins favorisé ; la semence qui pousse d'elle-même devient une leçon de patience envers une âme en cheminement ; le grain de sénevé peut figurer non seulement l'expansion du Royaume, mais aussi la croissance de la charité dans le cœur. Parfois même, une image évangélique est reprise pour servir une application différente, voire apparemment inverse, comme celle du vieux vêtement qu'il ne faut pas nécessairement abandonner, mais qu'il faut réparer.
L'Œuvre se comporte ainsi moins comme une répétition augmentée des Évangiles que comme une exploration de leurs espaces laissés ouverts. Elle semble partir du principe que le texte canonique demeure connu et qu'il n'est pas nécessaire de le redire lorsqu'il n'y a rien à lui ajouter. Les deux débiteurs et le grand festin sont significatifs à cet égard : l'un est explicitement désigné comme « bien connu », l'autre est annoncé sans être raconté. Ces absences ne sont donc pas nécessairement des lacunes. Elles révèlent au contraire une forme d'économie : là où l'Évangile suffit, l'Œuvre peut se taire ; là où il laisse place à l'imagination, à la réflexion ou à l'interrogation, elle se déploie.
Les paraboles propres à saint Jean constituent toutefois un cas particulier. Leur formulation est généralement beaucoup plus proche du texte évangélique. L'exception la plus remarquable est celle du Bon Pasteur : le discours johannique est conservé à sa place, tandis qu'une autre parabole, entièrement narrative et destinée à un enfant, développe indépendamment la même figure. Cela montre une nouvelle fois que la fidélité à une image évangélique n'empêche pas l'Œuvre d'en proposer d'autres développements.
Enfin, cette étude met en évidence un résultat que la seule question des « manques » pourrait faire oublier : Maria Valtorta ne se limite pas aux paraboles des Évangiles. Sur les cent quinze paraboles recensées dans l'Œuvre, près de la moitié ne possèdent aucun parallèle canonique. Aux paraboles connues viennent ainsi s'ajouter de nombreuses images nouvelles : le cheval préféré du roi, les fourmis, le pissenlit, la goutte d'eau sur la pierre, la boue devenue flamme ou les quatre fleuves du paradis.
La véritable question n'est donc peut-être pas : « Quelles paraboles évangéliques manquent dans l'Œuvre ? » Les quelques exceptions sont trop rares pour modifier le constat général. Il faut plutôt se demander : que devient une parabole évangélique lorsqu'elle entre dans l'univers narratif de Maria Valtorta ?
La réponse que suggère cette concordance est la suivante : elle y conserve presque toujours son noyau, mais elle reçoit autour de lui un monde. Un auditoire, une occasion, des visages, des motivations, des conséquences et parfois une nouvelle profondeur spirituelle viennent entourer la parole évangélique.
Les Évangiles donnent la parabole ; l'Œuvre en raconte le moment.
Les Évangiles donnent le signe ; l'Œuvre en explore les résonances.
C'est sans doute là que se trouve, plus que dans la recherche de quelques absences ou de quelques variantes, la caractéristique essentielle du rapport entre les paraboles évangéliques et les récits de Maria Valtorta : une fidélité très étendue au corpus évangélique, accompagnée d'une liberté narrative et interprétative qui en constitue l'apport propre.
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ 1,0 et 1,1 La parabole compare l'enseignement à une situation ou une action, tandis que l’allégorie le compare à des éléments symboliques ou métaphoriques. Benoît XVI n'hésite pas à qualifier de "parabole" l'allégorie de la vigne et des sarments (Visite à la communauté Luthérienne de Rome, dimanche 14 mars 2010).
- ↑ Un talent (kikkar) est 50 ou 60 fois plus lourd que la mine (maneh). Transposés par l'usage en équivalent monétaire, la mine équivalait à 100 jours (environ 3 mois) d'un salaire de journalier et la talent à 6000 (16 ou 20 ans de cette même référence).
- ↑ EMV 236.5.
- ↑ EMV 233.
- ↑ EMV 407.6.
- ↑ Luc 16,19-31.
- ↑ EMV 205.6.
- ↑ EMV 281.10.
- ↑ Matthieu 13,3-9 | Marc 4,1-9 | Luc 8,4-8.
- ↑ EMV 179.5.
- ↑ "Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir" (Matthieu 5,17). Pour l'enseignement de l'Église, voir la constitution dogmatique sur la Révélation divine, Dei Verbum, § 14, 15 et 16.
- ↑ EMV 184.4.
- ↑ EMV 233.2.
- ↑ EMV 206.11.
- ↑ (EMV 523.7/9.
- ↑ EMV 206.2-6.
- ↑ EMV 281.10.
- ↑ EMV 518.5.
- ↑ EMV 352.7.