Les apôtres ont-ils consommé des aliments interdits ?
Par deux fois l’œuvre de Maria Valtorta associe les apôtres à des aliments (crabes, moules, coquillages) interdits explicitement par le Lévitique 11, 9-12 et le Deutéronome 14,9-10.
Les épisodes concernés
Une première fois en EMV 218.1.
En pays philistin, au sud, ils sont en marche vers Ascalon. L’hospitalité leur est refusée et la faim se fait sentir. Le long de la plage « Jean est comme hypnotisé par le spectacle de la mer sans fin qu'illuminent les premiers rayons du soleil. Il semble boire cette beauté et son œil en devient plus bleu. Pierre, plus pratique, se déchausse, relève son vêtement et patauge dans les petites vagues de la rive en quête de quelque crabe ou de quelque coquillage à sucer. »
Une seconde fois en EMV 251.7.
En Syro-phénicie, au nord, Jésus évangélise les pêcheurs. Vient l’heure chaude de la journée. Jésus leur dit alors : « Et maintenant comportons-nous en bons amis jusqu'à l'heure du retour, ainsi nous nous connaîtrons mieux et il sera facile de nous reconnaître..." Et ils se dispersent dans la petite baie rocheuse. Ils cuisent des moules et des crabes enlevés aux rochers., et des poissons pris avec de petits filets; ils dorment sur un lit d'algues desséchées à l'intérieur de cavernes ouvertes par des tremblements de terre ou par les vagues dans la côte rocheuse, pendant que ciel et mer sont un éblouissant azur et qui s'embrasse à l'horizon et que les mouettes font un continuel carrousel de vols, de la mer aux nids, en poussant des cris et en battant des ailes, uniques voix qui, avec le clapotis des flots, se font entendre en ces heures d'étouffante chaleur d'été. »
En route pour Ascalon
C’est lors de ce voyage en pays philistin que Maria Valtorta situe[1] la scène des épis arrachés par les apôtres un jour de sabbat que rapportent Matthieu 12,1-8 et Luc 6, 1-5. Dans le récit, Jésus leur dit : "vous ne mourez pas de faim" (217.1). Il annonce que Dieu "pourvoira à nous nourrir nous aussi" ; ils trouvent ensuite une haie de figuiers de Barbarie. (217.4). Au lendemain matin, Maria Valtorta décrit Pierre pataugeant dans les flaques. Le récit prête à Pierre l'intention d'y rechercher des crabes et de coquillages. Pierre ne dit rien, et aucun geste de capture ni de consommation n'est décrit. Jean ne commente pas sa pêche.
En Actes 10, 14 Pierre déclare : « Je n'ai jamais pris d'aliment interdit et impur. » Cette affirmation rend peu probable une consommation volontaire de crustacés en dehors d'une nécessité extrême qui n'apparaît pas dans l'épisode.
La pause à Tyr en Syro-Phénicie
Ce n’est pas la troupe apostolique qui mange les moules, crabes et poissons, mais l’ensemble des participants : apôtres et pêcheurs phéniciens. Dans la nourriture, il y a « des poissons pris avec de petits filets ». Le texte ne distingue pas les apôtres des pêcheurs et ne dit pas qui mange quoi.