L’entreprise de Lazare
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Emilio Matricciani, Département d’électronique, d’information et de bio-ingénierie, École polytechnique de Milan.
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L’entreprise de Lazare[modifier | modifier le wikicode]
Le but de cet article est de présenter au lecteur l’une des activités économiques de la famille de Lazare, tant aimée de Jésus. Les indices à ce sujet se trouvent dans les Évangiles et, surtout, dans les écrits mystiques de Maria Valtorta.
1. Marie oint Jésus d’une huile parfumée[modifier | modifier le wikicode]
À deux reprises, Marie oint Jésus d’une huile parfumée : la première fois à Capharnaüm ; la seconde à Béthanie. Ces épisodes sont racontés par Marc[3], Luc[4] et Jean[5]. Jean fournit des données utiles à notre histoire :
«[…] Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur[6] ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » (Jn 12,3-5)
Les informations qui nous intéressent sont la quantité de parfum et sa valeur commerciale. Une livre romaine équivaut à 327 g (342 ml) et trois cents deniers correspondaient approximativement au salaire annuel d’un ouvrier agricole.
Les deux épisodes sont également rapportés par Maria Valtorta dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé[7]. Le premier au chapitre EMV 236[8], le second au chapitre EMV 586[9]. Ce dernier correspond à l’épisode de Jean.
Marie-Madeleine revient. Elle tient une amphore au col très fin[6], qui se termine par un bec gracieux […] L’albâtre est d’une couleur précieuse jaune rosé […]
Elle ouvre le vase d’albâtre et glisse sa main sous le bec, pour recueillir quelques gouttes d’un liquide filant […] Une odeur pénétrante de tubéreuse[10] et d’autres essences, un parfum intense et très agréable, se répand dans toute la salle [quelques gouttes suffisaient pour se parfumer !]. Mais Marie est impatiente : elle se penche et brise d’un coup sûr le col de l’amphore contre le coin du lit de Jésus. […] Maintenant, l’ouverture béante du vase permet à l’onguent de se déverser en un jet épais.
Marie se place derrière Jésus et répand l’huile sur la tête de son Seigneur, […]
Judas avait jusqu’alors gardé le silence et se bornait à observer d’un regard impur de luxure et d’envie cette très belle femme, […] — Tout à coup, il prend la parole. C’est le seul qui exprime ouvertement un reproche[11]. Les autres — pas tous, mais certains — avaient quelque peu murmuré ou fait un geste de désaccord étonné, mais paisible. Mais Judas, qui s’est même mis debout pour mieux voir l’onction des pieds du Christ, lance avec mauvaise humeur :
« Quel gaspillage inutile et païen ! Pourquoi avoir fait cela ? Et après un tel acte, on ne veut pas que les chefs du Sanhédrin parlent de péché ! Ce sont des gestes de courtisane lascive qui ne s’harmonisent pas avec la nouvelle vie que tu mènes, femme. Ils rappellent trop ton passé ! »
L’insulte est telle que tous en restent abasourdis, […]
« Oui ! Vous me regardez ? Tous, vous avez murmuré dans votre cœur. Or, maintenant que […] j’ai dit publiquement ce que vous pensiez, vous voilà prêts à me donner tort. Mais je maintiens mes propos. Bien sûr, je ne veux pas dire que Marie soit la maîtresse de Jésus, mais j’estime que certains actes ne lui conviennent ni à lui, ni à elle. […] Pourquoi un tel gaspillage ? Si elle voulait détruire les souvenirs de son passé, elle pouvait me donner ce vase et cet onguent. Il y avait certainement plus d’une livre de nard pur, et de grand prix ! Je l’aurais vendu pour trois cents deniers au moins, car un parfum de cette valeur peut monter jusqu’à ce prix. Et je pouvais vendre le vase qui était beau et précieux[6]. C’est aux pauvres qui nous assiègent que j’aurais donné cet argent ; nous en manquons toujours, et demain, à Jérusalem, innombrables seront ceux qui demanderont une obole.
– C’est vrai ! » admettent les autres. « Tu pouvais en employer un peu pour le Maître, et le reste… » (EMV 586.6-7)
Pour poursuivre notre histoire et parvenir à l’entreprise de Lazare, nous devons étudier la production des parfums dans l’Antiquité et la valeur d’un denier.
2. L’industrie des parfums dans l’Empire romain[modifier | modifier le wikicode]
Les onguents parfumés dans le monde gréco-romain étaient composés d’un mélange d’huile, de fleurs ou d’autres parties de plantes[12]. On y ajoutait des résines ou des gommes servant de fixateurs afin de conserver le parfum. L’une des principales sources concernant les parfums antiques est l’ Histoire naturelle de Pline l’Ancien (77 apr. J.-C.). Pline décrit les parfums, ou plutôt les onguents, car à cette époque l’alcool distillé était inconnu et les parfums étaient obtenus par macération des substances odorantes, et non par distillation. Il existait trois méthodes.
Dans la première méthode, les parties aromatiques des plantes étaient écrasées comme pour la trituration des olives. La pulpe était placée dans un linge plié, puis celui-ci était tordu afin d’en extraire le liquide parfumé. La méthode était simple, mais elle demandait beaucoup de temps.
Dans la deuxième méthode, les substances aromatiques, en particulier les pétales des fleurs, étaient placées sur de la graisse animale entre deux planches que l’on pressait jusqu’à ce que le parfum soit absorbé par la graisse. Cette méthode était utilisée pour extraire les essences de cyprès et de myrte, et elle était efficace pour le jasmin, les roses et les tubéreuses, dont les fleurs sont très délicates.
Dans la troisième méthode, une source de chaleur était appliquée à la fois à l’excipient et aux substances aromatiques ou aux résines, immergées dans le mélange puis chauffées. Une fois la base infusée, les substances aromatiques étaient filtrées et décantées.
La technologie nécessaire était simple et pouvait être reproduite partout dans l’Empire romain. Cependant, les facteurs essentiels de la production étaient le savoir-faire et le capital. Outre la culture des fleurs et d’autres plantes, le commerce des parfums nécessitait le travail et la collaboration de nombreux professionnels : fabricants de récipients en céramique, en albâtre, en verre et en métal, ainsi que des marchands, tant pour les ingrédients que pour le transport du produit fini. Une fois produits en grandes quantités, les onguents parfumés étaient conservés dans des récipients individuels afin d’en permettre le transport et la vente aux clients (Figure 1). L’albâtre était utilisé parce qu’il protégeait les onguents de la lumière et de la chaleur.
Le terme « nard » ne désignait pas seulement les parfums produits à partir du nard indien, mais aussi ceux qui étaient fabriqués avec d’autres fragrances. Pline mentionne neuf types différents de plantes utilisées pour imiter le nard. Maria Valtorta ne parle pas de « nard », mais de tubéreuses et d’autres essences, en accord avec Pline.
3. La valeur du denarius, la monnaie d’argent de l’Empire romain[modifier | modifier le wikicode]
Le denarius était une monnaie d’argent en circulation jusqu’à environ 240 apr. J.-C. Un denarius pesait 4,5 grammes. À l’origine, il était presque entièrement en argent ; à partir d’environ l’an 50 apr. J.-C., sa teneur en argent diminua. Quelle était la valeur de 300 deniers ? En tenant compte des sabbats et des autres fêtes juives, le nombre de jours ouvrables dans l’année était d’environ 285. Le salaire journalier d’un ouvrier agricole était de 1 denier par jour[13] ; 300 deniers représentaient donc un peu plus que le salaire annuel. Les informations concernant les salaires de l’époque sont rares, mais nous connaissons ceux des militaires[14].
| Sesterces | Deniers | Notes | |
|---|---|---|---|
| Ils étaient citoyens romains. Ils prenaient leur retraite après 20 ans. | |||
| Dans l’armée italienne, un simple soldat reçoit un salaire mensuel net d’environ 1 400 euros[15], un général de corps d’armée environ 5 700 euros. | |||
| Le centurion commandait une centuria (100 hommes). C’est le salaire du centurion de Capharnaüm, 15 fois celui du Miles legionis. | |||
Le sestertius valait ¼ de 1 denarius.
Un centurion gagnait plus de dix fois le salaire d’un ouvrier agricole, et l’on comprend pourquoi le centurion de Capharnaüm pouvait financer la construction de la synagogue locale[16].
Une question se pose : pourquoi Marie avait-elle chez elle une livre d’onguent parfumé d’une très grande valeur commerciale ? La réponse pourrait être la suivante : le parfum lui avait été utile pour son ancienne « profession » et elle en avait encore une réserve. Mais cette réponse n’en exclut pas une autre. Voyons laquelle. Il est nécessaire de lire le voyage de Jean d’Endor et de Sintica[17] à Antioche et à Antigonie de Syrie, accompagnés de Pierre et d’autres disciples[18].
4. Le voyage de Jean d’Endor et de Sintica vers Antioche et Antigonie[modifier | modifier le wikicode]
C’est sous un merveilleux crépuscule que la ville de Séleucie se dessine comme un amas blanc au bord des eaux bleues de la mer […] Le navire, toutes voiles dehors, se dirige rapidement vers la ville lointaine, […]
[Nicomède, le capitaine du navire, prend la parole :] «Dans […] tu sais au moins que le vrai port d’Antioche, c’est Séleucie, sur la mer, à l’embouchure de l’Oronte, qui se prête […] à accueillir les navires et, par des temps d’eaux profondes, il peut être remonté par des barques légères jusqu’à Antioche. La ville que vous voyez, la plus grande, c’est Séleucie. L’autre, vers le midi, n’est pas une ville, mais les ruines d’un endroit dévasté[6]. [Figure 2] Elles trompent, mais c’est un village mort[20]. Cette chaîne est le mont Piérus qui fait donner à la ville le nom de Séleucie Piéria. Ce pic plus à l’intérieur, au-delà de la plaine, c’est le mont Casio qui domine comme un géant la plaine d’Antioche ; l’autre chaîne au nord, c’est celle de l’Aman. Ah ! Vous verrez à Séleucie et à Antioche quels travaux les Romains ont faits ! […] un port qui est l’un des meilleurs avec trois bassins et des canaux, des jetées et des digues[6]. […] ». (EMV 321.1-3)
« Vous trouverez certainement un char [tirée par un cheval]... », dit le vieil aubergiste, debout devant les apôtres dans le premier soleil du matin. […]
«[…] A la neuvième heure, vous serez à Antioche […] ». (EMV 322.1)
Le port de Séleucie était une base des Romains, puis s’est ensablé pour des causes naturelles. « La neuvième heure » correspond approximativement à 15 heures. Nous sommes en janvier de l’an 33[21], dans la région d’Antioche, le soleil se lève à 6 h 45. Google Maps indique une distance minimale de 38,8 km à parcourir à pied et une durée de trajet de 9 heures. Or, la vitesse d’un cheval de trait est comprise entre 5 et 7 km/h. S’ils sont partis vers 7 heures (« premier soleil du matin »), en supposant une vitesse moyenne de 5 km/h, avec des arrêts, il faut environ 8 heures pour parcourir 38,8 km, ce qui correspond à l’arrivée à la neuvième heure.
Ils traversent une place […] et prennent une route près des murs jusqu’à ce qu’ils sortent par une porte, en longeant d’abord un canal profond, puis le fleuve lui-même. C’est une belle route bien entretenue[23], qui se dirige vers le nord-est, mais en suivant les méandres du fleuve. […]
« Que de myrtes ! S’écrie Syntica.
– Et de lauriers ! Ajoute Matthieu.
– Près d’Antioche, il y a un endroit consacré à Apollon,[24], dit Jean d’En-Dor. […]
– Probablement, mais c’est un lieu rempli de belles plantes, dit Simon le Zélote.
– Toi qui y es déjà allé, crois-tu que nous allons passer près de Daphné ?
– Forcément. Vous allez voir l’une des plus belles vallées du monde. […] », dit Simon le Zélote […].
Ils remontent sur le char, franchissent le pont pour suivre l’autre rive du fleuve, une autre route qui va directement vers Antioche, à travers une région très fertile. […]
Et là-bas, dans cette plaine, voici Antioche avec ses tours sur les remparts. Nous allons entrer par la porte qui se trouve près du fleuvere[25]. La maison de Lazare n’est pas très loin des murs[26]. Les plus belles maisons ont été vendues. Il reste celle-là, […] C’est maintenant Philippe qui vit là […] Et ensemble, nous irons à Antigonée[27] où se trouvait la maison habitée par Euchérie et ses enfants, alors tout petits…
– Cette ville est très fortifiée, hein? demande Pierre, […]
– Très fortifiée. Des murs d’une hauteur et d’une largeur grandioses, en plus des cent tours[6] qui, vous le voyez, ont l’air de géants dressés sur les murs, et des fossés infranchissables à leurs pieds[6][28]. Même le mont Silpius[29] a mis ses sommets au service de la défense, et comme contreforts des murs dans les endroits les plus délicats… Voici la porte. […] ».
Un bref parcours[6], puis une maison solide et simple, c’est-à-dire un haut mur sans fenêtres. Une porte cochère seulement au milieu du mur. (EMV 322.4-7)
Après un bref séjour à Antioche, ils se rendent à Antigonie, leur destination finale.
… Précédés par le char […] ils avancent au trot vers Antigonée…
Ils ont tôt[6] fait d’atteindre la petite ville. Enclose dans la fertilité de ses jardins, à l’abri des vents grâce aux montagnes qui l’entourent – suffisamment lointaines pour ne pas lui faire de l’ombre, mais assez proches pour la protéger […]
Les jardins de Lazare sont au sud de la ville, précédés par une avenue, […] le long de laquelle se trouvent les habitations des préposés aux jardins[6]. […]
Dès que Tolmaï a franchi le portail d’entrée de la propriété, il fait, en passant devant chaque maison, un bruit de fouet spécial. Ce doit être un signal. Les habitants […]
Dès que Tolmaï a franchi le portail d’entrée de la propriété, il fait, en passant devant chaque maison, un bruit de fouet spécial. Ce doit être un signal. Les habitants […] s’arrêtent ensuite au centre d’un carrefour d’où partent plusieurs sentiers en étoile, comme les rayons d’une roue, entre des champs séparés en plates-bandes[6], les uns dépouillés, les autres toujours verts, garnis de lauriers, d’acacias ou de plantes du même genre, d’autres arbres dont les entailles laissent sortir un lait odoriférant et des résines. Il flotte dans l’air un mélange d’odeurs balsamiques, résineuses, aromatiques[6]. […]
Le petit peuple des hommes, aux tuniques courtes et aux mains pleines de terre qui portent des outils de jardinage[6], des femmes, des enfants de tous âges[31], […].
Il les conduit à travers le vaste domaine, suivi par les jardiniers qui expliquent les cultures et les travaux[6] […]. (EMV 323.5-10)
En d’autres termes, dans le domaine agricole, on cultivait des fleurs et d’autres plantes résineuses, certainement pas pour orner les différentes maisons de Lazare, mais pour en extraire des essences destinées à fabriquer des parfums. Maria Valtorta ne décrit ni les locaux ni les équipements nécessaires à leur traitement — peut-être parce qu’en janvier il n’y avait pas suffisamment de matière première pour produire des parfums — mais il me semble évident que le domaine était une exploitation agricole qui fournissait la matière première nécessaire à la fabrication des parfums, et peut-être les produisait directement. Cette activité à grande échelle et le contact avec le produit final, fabriqué directement ou par d’autres, expliqueraient pourquoi Marie disposait d’une quantité « industrielle » d’un parfum très coûteux.
Que cultivait-on dans la région d’Antioche ? L’entreprise de Lazare était-elle une initiative isolée ?
5. La région d’Antioche selon les historiens et les archéologues[modifier | modifier le wikicode]
Antioche Antakya, Turquie, fondée par Séleucos Ier en 307 av. J.-C., était l’une des plus importantes villes grecques de la période hellénistique et la capitale de l’Empire séleucide. Les collines environnantes étaient couvertes de myrte. La riche plaine alluviale autour du fleuve constituait le principal élément de la prospérité de la ville. Le fleuve Oronte se divisait en deux cours d’eau qui entouraient une île presque circulaire. Il coulait ensuite sous le pont de pierre où se trouvait la Porte du Pont (Bridge Gate), à laquelle aboutissait la route venant de Séleucie, indiquée dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé (Figure 3).
Les étrangers étaient frappés par l’enceinte fortifiée, avec ses nombreuses tours fortifiées, au nombre de trois cents à quatre cents (Figure 4). Au début du Ier siècle apr. J.-C., le fleuve était navigable. Les Romains en avaient amélioré la navigation en creusant un canal [« et des canaux, et des chaussées, et des digues »] pour éviter une courbe dangereuse. Grâce à sa position, la ville contrôlait le fleuve et le réseau routier entre la Syrie, l’Anatolie et les pays du sud, ainsi qu’entre la Méditerranée et le cours supérieur de l’Euphrate.
Séleucos Ier avait détruit la capitale de son rival Antigone, Antigonie[32] — elle aussi située sur le fleuve Oronte, à environ 7 km au nord-est [« La petite ville est tôt atteinte »] — et transporté de nombreuses pierres le long de l’Oronte pour construire Antioche et Séleucie de Piérie, où la plus grande partie des habitants fut également déportée. Au Ier siècle apr. J.-C., Antigonie était un petit village.
Daphné, à environ 8 km au sud-ouest, était si célèbre qu’Antioche était appelée Antioche près de Daphné. La route entre les deux villes était bordée de villas, de jardins, d’auberges et de toutes sortes de lieux agréables. Il y avait de vastes vignobles, roseraies, plantations, ruisseaux, cyprès entrecoupés d’autres plantes. Sous les arbres, la terre produisait toutes sortes de fleurs parfumées au fil des saisons. Les exploitations agricoles suburbaines fournissaient à Antioche de l’huile d’olive, du vin, des fleurs et des plantes aromatiques. L’huile de lis d’Antioche (appelée huile syriaque dans l’Antiquité) était exportée dans tout l’Empire romain pour un usage médical. Après Pompée (64 av. J.-C.), Antioche devint la capitale de la région et fut gouvernée par un gouverneur nommé par les Romains. Selon L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, Théophile, père de Lazare, Marthe et Marie, avait été gouverneur de la ville.
6. Conclusion[modifier | modifier le wikicode]
La famille de Lazare cultivait à grande échelle une variété de fleurs et de plantes aromatiques dans le domaine familial d’Antigonie. Le domaine était, en termes modernes, une exploitation agricole qui fournissait la matière première à l’industrie des parfums de la région. Il n’est pas exclu que l’exploitation elle-même produisît des parfums. Maria Valtorta ne « voit » pas d’équipements, peut-être parce qu’en janvier la matière première nécessaire à la production des parfums faisait défaut. Lorsque Lazare, Marthe et Marie étaient enfants, la famille habitait à Antioche et à Antigonie, et l’activité agricole était dirigée par leur mère, Euchérie, avec l’aide de régisseurs.
Maria Valtorta décrit le port de Séleucie, les ruines de Palaeopolis, Antioche et sa région géographique, la Porte du Pont où aboutissait la route venant de Séleucie, et situe la maison de Lazare à une distance compatible avec le quartier juif. Ces informations ne sont connues que des archéologues et des historiens, et leur présence dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé est rationnellement inexplicable.
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ Source : C. Giordano et A. Casale, Profumi, unguenti e acconciature in Pompei antica, Bardi Editore, Rome, 1992
- ↑ (CC BY 4.0)
- ↑ Évangile selon Marc : Mc 14,3-5.
- ↑ Évangile selon Luc : Lc 7,36-38.
- ↑ Évangile selon Jean : Jn 12,1-5.
- ↑ 6,00 6,01 6,02 6,03 6,04 6,05 6,06 6,07 6,08 6,09 6,10 6,11 6,12 et 6,13 l’emphase est de l’auteur
- ↑ Maria Valtorta, L’Evangelo come mi è stato rivelato, 10 volumes, Centro Editoriale Valtortiano, réimpression 2015.
- ↑ Livre 4 : EMV 236
- ↑ Livre 9 : EMV 586
- ↑ La tubéreuse a un parfum intense, doux, floral et légèrement épicé, souvent décrit comme narcotique et sensuel. Pour se parfumer, quelques gouttes suffisaient, et non une livre !
- ↑ [l’emphase est de Maria Valtorta]
- ↑ Dans l’immense bibliographie consacrée à ce sujet, voir notamment : J. P. Brun, « The Production of Perfumes in Antiquity: The Cases of Delos and Paestum », American Journal of Archaeology 104 (2000), p. 277-308. G. Reger, « The manufacture and distribution of perfume », dans Making, Moving and Managing the new world of ancient economies, 323—31 BC, sous la direction de Z. H. Archibald, J. K. Davies et V. Gabrielsen, Oxbow Books (2005), p. 253-297.
- ↑ Matthieu 20,1-16 ; Daniel-Rops, La vita quotidiana in Palestina al tempo di Gesù, Mondadori, 1986.
- ↑ M. Speidel, “Roman army pay scales”, The Journal of Roman Studies, novembre 1992, pp. 349-380.
- ↑ Combien gagnent les militaires ? Voici les salaires pour chaque grade., dernière consultation : 17 septembre 2026.
- ↑ Évangile selon Luc : Lc 7,1-10 ; EMV 177
- ↑ Pour les personnages présents dans l’EMV, voir le Dictionnaire des personnages de l'Évangile, selon Maria Valtorta, Salvator (2012)
- ↑ EMV 321; EMV 323
- ↑ Les ruines de Palaeopolis se trouvent au sud de Séleucie, comme l’affirme Nicomède (EMV 321). Antigonie se trouvait au nord-est d’Antioche (en haut à droite sur la carte), le long de l’Oronte, « à l’abri — comme le dit Maria Valtorta (EMV 323) — des courants grâce aux chaînes de montagnes qui l’entourent ».
- ↑ Il s’agit de Palaeopolis, une ville grecque citée par l’historien Pausanias d’Antioche et par d’autres historiens : elle était déjà en ruines à l’époque de Jésus.
- ↑ la chronologie de la vie de Jésus a été établie scientifiquement par L. De Caro et récemment mise à jour dans : L. De Caro, F. La Greca, A. G. Gonzalez, La vita di Gesù nella storia, vol. 2, Centro Editoriale Valtortiano, 2025, p. 495-524
- ↑ Source : Antioch Expedition Archives, Department of Art and Archaeology, Princeton University. Source : G. Downey, A history of Antioch in Syria from Seleucus to the Arab conquest, Princeton University, 1961.
- ↑ [une voie romaine]
- ↑ [il s’agit de Daphné]
- ↑ [Figure 3 : c’est celle qui est indiquée comme Bridge Gate.]
- ↑ [Figure 3 : le quartier juif d’Antioche était proche de la Porte.]
- ↑ [Antigonie]
- ↑ [Figure 4]
- ↑ [la montagne qui se trouve derrière Antioche]
- ↑ Source : G. Downey, A history of Antioch in Syria from Seleucus to the Arab conquest, Princeton, 1961.
- ↑ Il y avait environ trente personnes, enfants compris.
- ↑ (Antigonée de l’EMV)