Mère Maria Pia Gullini et Maria Valtorta
C'est la découverte de la vie de la bienheureuse Maria Gabrielle Sagheddu (1914-1939) connue aussi comme Marie-Gabrielle de l'Unité, qui incita Maria Valtorta a écrire à l'abbesse du couvent de Grottaferrata où elle était. Mère Maria Pia Gullini (1892-1959) était très engagée dans la cause de l'œcuménisme pour laquelle Maria Gabrielle Sagheddu s'était offerte en âme victime.
Une abbesse engagée
Selon ses biographes, Maria Elena Gullini, issue de la haute bourgeoisie, était considérée comme belle, élégante, intelligente, douée pour la musique et les arts, et dotée d'un tempérament fougueux. Sa vie religieuse commença à l' abbaye trappistine française de La Coudre à Laval , où elle reçut l'habit de novice le 29 septembre 1917. Elle prit le nom de Pia (en hommage à Pie X , qu'elle avait connu personnellement à Venise). Elle prononça ses vœux perpétuels le 16 juin 1922. De 1924 à 1926, elle fut la responsable , très efficace, de quarante frères convers.
Grottaferrata et l'unité de l'Église
De retour au monastère trappiste de Grottaferrata[1], elle en devint l'abbesse de 1931 à 1940, puis de 1946 à 1951. Son engagement pour l'œcuménisme fut la cause de sa démission en 1940, puis en 1951. Elle s'exila en Suisse. Rappelée vers la fin de sa vie, sa santé ne lui permit pas de reprendre cette fonction. La cause de l'œcuménisme conduisit trois religieuses à s'offrir en sacrifice pour la cause de l'unité de l'Église à partir de 1937. Toutes trois décédèrent peu après : une sœur âgée, Mère Immaculata, et deux jeunes religieuses sardes, Michela Dui (entrée au couvent en 1933, décédée le 23 juillet 1939) et, surtout, la bienheureuse Maria Gabriella Sagheddu (entrée au couvent en 1935, décédée le 23 avril 1939). L'écrivaine sarde Maria Giovanna Dore (entrée au couvent le 30 juin 1939) rédigea une biographie de Maria Gabriella Sagheddu à la demande de l'abbesse. Publié en mai 1940, elle connut un grand succès. Maria Valtorta la découvrit en 1942, ce qui la poussa à s'engager dans la cause de l'unit" de l'Église qu'elle découvrit à cette occasion (voir l'article spécifique).
La correspondance
10 mai 1943[2]
"L’Abbesse des Trappistes[3] m’écrit et je lui écris. Je suis contente d’avoir prié et de prier ainsi pour l’unité des Églises. J’ignorais qu’on prie pour cela. Jésus, mon maître unique, m’a guidée, comme d’habitude, même en cela. Tout comme il m’a guidée vers sa servante, sœur M. Gabriella. J’ai vraiment la sensation qu’il me tient par la main et qu’il me conduit là où je peux trouver le bien ou des âmes qui, étant déjà dans la gloire, sont en mesure de m’aider, par leurs doctrines de sainteté, dans mon œuvre de sanctification."
7 février 1946[4]
"Ah ! À propos ! Les moniales trappistes de Grottaferrata m'ont envoyé la prière à la Sainte Trinité de sœur Élisabeth[5]... Vous m'aimez vraiment beaucoup !"
6 janvier 1950[6]
"Avez-vous lu la vie de sœur Maria Gabriella, de l'ordre trappiste de Grottaferrata ? Je l'ai lue. Elle est magnifique, tant par son style que par le récit des raisons qui ont conduit cette jeune religieuse à devenir une victime. Si vous ne la connaissez pas, je peux vous la prêter. C'est la lecture idéale pour ce mois-ci, qui, du 18 au 25, est l'Octave de prières pour l'unité des Églises dans l'unique véritable Église."
Notes et références
- ↑ Commune au sud de Rome, près de Castel Gandolfo. Le couvent est aujourd’hui transféré à Vitorchiano près de Viterbe.
- ↑ Les Cahiers de 1943.
- ↑ Mère Maria Pia Gullini.
- ↑ Lettres à Mère Teresa Maria, tome 1, p. 56.
- ↑ Il s'agit de la carmélite sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906).
- ↑ Idem, tome 2, p. 277.