Mgr Paolo Giulietti et l’œuvre de Maria Valtorta : recueil de pastorales
Paolo Giulietti (né le 1er janvier 1964 à Pérouse) est archevêque de Lucques depuis janvier 2019. Il est, à ce titre, "l'Ordinaire" pour la cause de Maria Valtorta et son œuvre, autrement dit l'autorité de référence pour l'Eglise.
En 2001, il devient directeur du Service national de pastorale des jeunes de la Conférence épiscopale italienne : à ce titre, il coordonne l'organisation italienne des Journées mondiales de la jeunesse de 2002 à Toronto et de 2005 à Cologne , et d'autres manifestations qui lui valurent le surnom, dans la presse de "prêtre des jeunes".
Le 19 janvier 2019, le Pape François le nomme archevêque de Lucques. Il succède à Mgr Benvenuto Italo Castellani, démissionnaire pour cause de limite d'âge. Le 12 mai, il prend possession canonique de l'archidiocèse, en la cathédrale San Martino de Lucques. Son entrée à pied, rejoint par des centaines de jeunes, pour l'installation dans le diocèse suscite la curiosité. En mai 2021, il a été élu président de la Commission épiscopale pour la famille, la jeunesse et la vie de la Conférence épiscopale italienne.
Mgr Paolo Giulietti et Maria Valtorta[edit | edit source]
Il eut cinq fois l'occasion d'exprimer sa pastorale envers Maria Valtorta et son œuvre.
- Le 12 octobre 2021 pour le 60ème anniversaire de la mort de Maria Valtorta.
- Le 12 octobre 2022 pour le 61ème anniversaire de la mort de Maria Valtorta.
- Le 29 octobre 2022 devant les participants de la 13ème convention valtortienne de Viareggio (4ème internationale).
- Le 17 avril 2023 dans un interview accordé à l'Association Maria Valtorta (France).
- Le 23 avril 2023 pour le 80ème anniversaire de la première vision de Maria Valtorta.
Rappel de l'enseignement de l'Église[edit | edit source]
"Le critère pour établir la vérité d’une révélation privée est son orientation vers le Christ lui-même. Quand celle-ci nous éloigne de Lui, à ce moment-là elle ne vient certainement pas de l’Esprit Saint, qui nous conduit à l’Évangile et non hors de lui. La révélation privée est une aide pour la foi, et elle se montre crédible précisément parce qu’elle renvoie à l’unique révélation publique. C’est pourquoi l’approbation ecclésiastique d’une révélation privée indique essentiellement que le message s’y rapportant ne contient rien qui s’oppose à la foi et aux bonnes mœurs. Il est permis de le rendre public, et les fidèles sont autorisés à y adhérer de manière prudente. Une révélation privée peut introduire de nouvelles expressions, faire émerger de nouvelles formes de piété ou en approfondir d’anciennes. Elle peut avoir un certain caractère prophétique (cf. 1 Th 5, 19-21) et elle peut être une aide valable pour comprendre et pour mieux vivre l’Évangile à l’heure actuelle. Elle ne doit donc pas être négligée. C’est une aide, qui nous est offerte, mais il n’est pas obligatoire de s’en servir. Dans tous les cas, il doit s’agir de quelque chose qui nourrit la foi, l’espérance et la charité, qui sont pour tous le chemin permanent du salut"[1]
Homélie du mardi 12 octobre 2021[edit | edit source]
Autorité du document: les textes reproduits et leur traduction sont des enregistrements non relus par l’auteur.
Contexte[edit | edit source]
Homélie de Mgr Paolo Giuletti, archevêque de Lucques (Lucca) dans l’église paroissiale Sant’Andrea de Viareggio, pour le soixantième anniversaire de la mort de Maria Valtorta.
Transcription non révisée par l'auteur. Traduction et annotation de www.maria-valtorta.org.
Synthèse[edit | edit source]
Dans cette première homélie, Mgr Paolo Giulietti rappelle que Dieu se fait connaître par l’Évangile et par la création. Comme les Évangiles ne disent pas tout de Jésus, la piété chrétienne a toujours cherché à les enrichir à travers la mystique, l’art, la musique ou la littérature, inspirés par l’Esprit, pour rendre le Christ plus proche. Les révélations privées, comme celles de Maria Valtorta, n’obligent pas la foi mais peuvent nourrir l’amour du Seigneur. Chaque génération chrétienne "réécrit" ainsi l’Évangile en l’actualisant, sous la conduite de l’Esprit Saint, pour aimer toujours plus profondément le Christ unique.
Phrase clé[edit | edit source]
"Nous nous souvenons de Maria Valtorta, nous exprimons notre gratitude pour cela et pour d'autres signes et manifestations que l'Esprit Saint a donnés à certains enfants de l'Église qui nous ont conduit, comme cela s'est souvent produit, à comprendre plus profondément et à aimer plus intensément l'unique Seigneur qui a parlé de l'unique Évangile dont aucun de nous ne devrait jamais avoir honte."
Texte[edit | edit source]
"Nous avons écouté les paroles de Paul qui dit : "Je n'ai pas honte de l'Évangile"[2]. Il sait que l'annonce de l'Évangile, de la grâce de Dieu manifestée dans le Seigneur Jésus, de sa vie terrestre, est ce qui compte le plus dans le ministère apostolique et dans la vie chrétienne ; la connaissance de Jésus, l'accueil de sa personne, la vie avec lui et pour lui.C'est pourquoi Paul n'a pas honte de l'Évangile.
Mais ensuite, dans le reste du passage de la Lettre aux Romains, il parle aussi d'une autre possibilité de connaissance de Dieu offerte à tous les peuples, c'est-à-dire la possibilité d'appréhender quelque chose de Dieu à travers la création[3], celle dont le Psaume que nous avons proclamé parle aussi[4]. Ce n'est pas un message dont les paroles sont entendues, mais il atteint tout le monde. La création qui témoigne de la grandeur, de la beauté et de la sagesse du Créateur ne se répand pas avec des mots, ce n'est pas une annonce faite de mots, mais elle atteint tout le monde comme le soleil, comme quelque chose à laquelle on ne peut échapper.
Il me semble alors que ces deux réflexions, ces deux dimensions de la connaissance de Dieu, - l'annonce de l'Évangile en la personne du Seigneur Jésus, mais aussi les possibilités que le Seigneur offre à tous les hommes de le connaître -, nous amènent à réfléchir précisément sur la circonstance qui nous rassemble ce soir, c'est-à-dire sur la personne de Maria Valtorta pour laquelle nous prions dans les 60 ans de sa mort.
Dans ses visions elle déclare combler les lacunes de l'Évangile, car l'Évangile, car les évangiles, le récit du Seigneur fait par les Apôtres et consigné par les premières communautés chrétiennes, ne nous dit incontestablement pas tout.
Jean dit que tout n'a pas été écrit. Il a été écrit ce qu'il faut pour que vous croyiez[5], puis il ajoute : si tout ce que Jésus a fait avait été écrit, tous les livres du monde n'auraient pas suffi à contenir ses actions[6].
Et depuis la piété chrétienne, au fil du temps, sous de nombreuses formes différentes, a intégré à la logique de l'amour, à la logique du besoin qu’a l'amour d'avoir des images, des récits, quelque chose qui peut faire rendre proche de ce qui est annoncé, a intégré les paroles de l'Evangile.
Elles sont le langage de la Mystique, mais aussi le langage de l'art, le langage de la musique et le langage de la littérature, toutes les expressions dans lesquelles on reconnaît encore une inspiration de Dieu. Combien de fois entend-on dire que ce peintre est inspiré - car véritablement ces expressions qui naissent de l'action de l'esprit humain, conduisent à une lecture qui offre des moyens pour entrer plus profondément dans les Évangiles, pour les sentir plus proches, plus appropriés, plus conformes, peut-être à la sensibilité de cette époque car alors ces expressions connaissent des formulations différentes aussi selon l'esprit du temps.
Combien d'expressions, la mystique chrétienne - peinture, art, musique - a-t-elle inventée, donnée, acceptée au cours des siècles par l'action vraiment efficace de l'Esprit, pour que l'Évangile puisse toucher le cœur encore plus que ne peut le faire la parole inspirée pour répondre à un besoin qui est un besoin humain, c'est un besoin de notre nature, celui de donner une figure, de donner un visage à celui que l'Evangile ne nous représente évidemment pas, mais combien de visages du Seigneur Jésus avons-nous vus représentés par les plus grands artistes, tous aussi très différents les uns des autres.
Pourtant ces visages nous ont rapprochés de l'Évangile, ces représentations qui ne sont pas évangéliques, mais naissent parfois d'une profonde inspiration intérieure, nous ont rapprochés de l'Évangile, les intégrant sans doute car l'Évangile nous dit peu sur le visage de Jésus, sur ses yeux, sur la façon dont il portait ses cheveux, sa taille. Mais nous avons besoin, nous les hommes avons besoin, quand nous parlons d'un être cher, de l'imaginer. Et ici l'art entre en jeu, mais aussi ses mots, le ton de sa voix, les représentations sacrées, mais aussi l'environnement dans lequel il a vécu. Quand les peintres devaient représenter le Seigneur, ils imaginaient des choses que l'Évangile ne dit pas, car ils avaient besoin de donner un cadre à la parole de l'Évangile qui aiderait les hommes de leur temps à ressentir cette présence plus proche, plus actuelle, plus stimulante, car il est revêtu de cette humanité dont nous avons besoin et que le Seigneur lui-même a voulue pour lui. Nous dépeignons Jésus parce que Jésus est Dieu qui est apparu dans la chair, manifesté dans la chair, c'est-à-dire dans l'histoire, dans la culture, dans la langue, mais aussi dans le visage, dans le trait, dans la parole qui nous échappe mais que quelqu'un a vu. Jean dit ce que nos yeux ont vu, ce que nos mains ont touché, ce que nos oreilles ont entendu, nous vous l'annonçons[7].
Et cela continue d'être un besoin. Certes, la piété chrétienne, le chemin de foi du chrétien se nourrit de la parole de l'Évangile, de la vie de salut des sacrements, mais il se nourrit aussi de culture, il se nourrit aussi de ce que l'esprit de la vitalité du peuple de Dieu donne à différentes personnes d'enrichir, d'enrichir cette réalité fondamentale de la vie chrétienne.
Et la mystique, de ce point de vue, a maintes fois offert des enrichissements. Ce sont les révélations privées. Vous savez qu'elles ne lient pas la foi, mais elles peuvent faire le bien, elles ont fait le bien. Au cours de l'histoire, nous avons eu plusieurs de ces œuvres qui ont en quelque sorte représenté le visage du Seigneur Jésus, sa parole dont les hommes ont besoin de se sentir proches, avec une vivacité en accord avec l'époque.
Alors il faut être reconnaissant de cette vitalité, oui, il faut être reconnaissant de cette vitalité. C'est l'action de l'Esprit qui parle et agit dans le peuple de Dieu pour une compréhension toujours plus grande du mystère révélé, ainsi que pour une capacité toujours nouvelle de l'incarner dans la vie, de le vivre dans la charité comme nous l'avons entendu dans l’Évangile[8]. Les générations chrétiennes réécrivent l'Évangile à chaque fois. Il y a ce beau roman de Mario Pomilio, Le Cinquième Évangile (Il quinto evangelio)[9]. La recherche de ce livre imaginaire amène finalement à prendre conscience que chaque génération chrétienne réécrit l'Évangile. Non pas parce qu'il change les quatre évangiles, mais parce qu'en quelque sorte elle les repense, les actualise, les réexprime dans sa culture. Et ce n'est pas seulement l'action de l'homme, mais c'est l'action de l'Esprit car c'est l'Esprit qui nous guide vers une compréhension toujours plus profonde et actuelle de cet Évangile dont Paul n'a pas honte et dont nous n'avons pas honte non plus. Nous n'avons aucunement honte de toutes les manifestations de l'Esprit qui conduisent en quelque sorte à une compréhension toujours plus profonde et toujours plus actuelle du mystère du Christ.
Bien sûr, chaque génération a sa manière d'entrer dans ce mystère, oui, chaque génération chrétienne - pour la sensibilité du temps où elle vit, pour les besoins spirituels qu'elle a, pour les défis auxquels elle doit faire face - a besoin de l'Esprit pour la guider, comprendre originellement le mystère du Christ qui est le même hier, aujourd'hui et éternellement.
Chers frères et sœurs, en cette célébration eucharistique, dans laquelle nous nous souvenons de Maria Valtorta, nous exprimons notre gratitude pour cela et pour d'autres signes et manifestations que l'Esprit Saint a donnés à certains enfants de l'Église qui nous ont conduit, comme cela s'est souvent produit, à comprendre plus profondément et à aimer plus intensément l'unique Seigneur qui a parlé de l'unique Évangile dont aucun de nous ne devrait jamais avoir honte."
Homélie du mercredi 12 octobre 2022[edit | edit source]
Autorité du document: les textes reproduits et leur traduction sont des enregistrements non relus par l’auteur.
Contexte[edit | edit source]
Homélie de Mgr Paolo Giulietti lors de la messe du 61e anniversaire de la mort de Maria Valtorta le 12 octobre 2022, en l'église paroissiale Sant'Andrea Apostolo de Viareggio.
Ce qui suit est la transcription, non révisée ni corrigée par l'auteur, de son homélie. Elle a été traduite par Chat GPT et annotée par www.maria-valtorta.org.
Synthèse[edit | edit source]
Mgr Giulietti rappelle que Paul met en garde contre deux fausses voies : l’illusion de se sauver par l’observance stricte de la loi et celle d’une liberté sans règles. La vraie voie est la relation vivante avec le Christ, qui par l’Esprit conduit à la vraie liberté et à l’accomplissement de la loi dans la justice et l’amour. L’œuvre de Maria Valtorta contribue à cela : en rendant Jésus plus proche et concret, elle aide à mieux le connaître et à l’aimer, comme le font les mystiques et les artistes inspirés, pour conduire à la rencontre avec le Christ vivant, cœur de la foi chrétienne.
Phrase clé[edit | edit source]
"Aimer Jésus, le connaître, le suivre, l’accueillir : voilà le cœur de notre foi, ce qui nous permet d’entrer en relation avec Dieu. Non pas sur la base des œuvres de nos mains, ni à partir d’une liberté mal comprise, mais dans la plénitude des enfants de Dieu. Et l’œuvre de Maria Valtorta, au fond, tend à cela : aider les personnes à aimer Jésus, à le connaître, à découvrir aussi des aspects que les écrits essentiels des Évangiles ne nous révèlent pas toujours".
Texte[edit | edit source]
"La lettre de Paul aux chrétiens de Galatie[10] prend pour point de départ – comme nous le savons bien – leur désir, suscité par certains prédicateurs judaïsants, de pratiquer la loi de Moïse[11]. Paul est très sévère à ce sujet dans cette lettre, comme nous l’avons entendu : il voit dans cette volonté de se lier à la loi une "œuvre de la chair". Et la chair, pour lui, c’est ce qui, dans l’homme, s’oppose au dessein de Dieu, ce qui est contraire au projet de Dieu[12].La loi est une œuvre de la chair – nous l’avons aussi entendu dans l’Évangile[13] –, parce qu’elle entretient l’illusion que l’homme, en observant une série de règles et d’interdits, peut s’approcher de Dieu. C’est une illusion. Jésus le dit aux Pharisiens, même à ceux qui s’engageaient sincèrement dans l’observance de la loi, ces pratiquants assidus d’autrefois qui s’efforçaient de respecter même les préceptes les plus minutieux de la Torah. Et pourtant, cette attitude ne sauve pas, car il s’agit toujours pour l’homme de chercher à se justifier lui-même, à se donner du crédit devant Dieu par ses propres œuvres, par une justice qui vient de lui. Voilà pourquoi Jésus se montre souvent si dur envers les Pharisiens, envers les maîtres de la loi comme dans le récit d’aujourd’hui : ce n’est pas qu’ils fassent de mauvaises choses, mais parce qu’en observant ces préceptes, ils croient être proches de Dieu et ne s’aperçoivent pas qu’il y a des réalités bien plus importantes, comme le dit aujourd’hui Jésus aux Pharisiens : la justice et l’amour de Dieu[14].
Dans le passage des Galates, nous avons un autre usage du mot "chair", cette fois-ci non pas en lien avec la loi, mais avec le péché[15] : la chair avec ses passions et ses désirs. Cela ne renvoie pas au Dieu juif fidèle à la loi, mais plutôt à la culture païenne : une chair qui suit ses passions et désirs et qui, sous une apparence de grande liberté, éloigne l’homme de lui-même et de Dieu. Nous pourrions dire que ces deux sens de la chair, aujourd’hui proposés, sont complémentaires : tous deux empêchent le salut, tous deux en détournent. L’un au nom d’une observance rigoureuse de nombreux préceptes, l’autre au nom d’une liberté qui refuse toute règle. Apparemment opposés, ils se rejoignent dans leur incapacité à permettre l’adhésion au Seigneur Jésus et au salut qui vient de Dieu.
Ces dérives religieuses sont aussi des risques pour nous : nous sommes nous aussi tentés de vivre un christianisme formel, fait de pratiques religieuses, d’observances, mais qui, comme les Pharisiens, néglige la justice et la charité. Le pape François nous le rappelle souvent : on peut être un chrétien "en règle", avec tous les papiers et tampons nécessaires, mais rester loin du cœur de Jésus. Le pape parle aussi d’une prière sans le Christ : on peut prier tout en restant éloigné de Jésus, en répétant des paroles, en accomplissant des gestes, mais sans aligner son esprit et son cœur sur ceux du Seigneur. D’un autre côté, nous vivons dans un monde où la liberté est devenue l’idéal qui justifie toutes les déviances, toutes les dissolutions : l’homme devrait être libre de faire ce qu’il veut, dit-on, car c’est là que réside sa dignité — un homme sans contraintes, sans attaches, sans responsabilités.
Face à ces dérives – qui existaient déjà au temps de Jésus, au temps des apôtres, et qui sont toujours actuelles car l’homme ne change pas (les formes changent, mais la chair reste la même) – le Seigneur, dans la Parole que nous avons entendue, nous offre une ancre de salut, un chemin de salut : la personne vivante du Seigneur Jésus. "Qui te suit, Seigneur, aura la lumière de la vie[16]." C’est la relation avec le Christ qui est le cœur de la vie chrétienne. C’est la relation avec sa personne qui nous sauve, par le don de l’Esprit, ce qu’il y a de plus précieux et de plus central dans notre foi[17]. En suivant le Seigneur, en devenant ses disciples, en accueillant le don de l’Esprit, nous sommes conduits à la vraie liberté et à la véritable observance de la loi : au cœur de la loi, à sa perfection, mais aussi à la perfection de la liberté. Car c’est la vérité de Jésus qui nous rend parfaitement libres, capables de reconnaître et de choisir ce qui est vraiment bon pour la vie, ce qui conduit à la plénitude, loin des passions et des désirs de la chair. C’est l’adhésion au Seigneur Jésus qui nous permet de reconnaître et d’accueillir ce qui est vraiment bon, ce qui est vraiment son commandement et qui doit être observé pour entrer dans la plénitude de la vie. La personne vivante du Seigneur Jésus est le cœur de notre foi[17]: c’est Lui qui nous libère de la chair et de son pouvoir, et qui nous soumet à la seigneurie libératrice et vivifiante de l’Esprit.
Aimer Jésus, le connaître, le suivre, l’accueillir : voilà le cœur de notre foi, ce qui nous permet d’entrer en relation avec Dieu. Non pas sur la base des œuvres de nos mains, ni à partir d’une liberté mal comprise, mais dans la plénitude des enfants de Dieu. Et l’œuvre de Maria Valtorta, au fond, tend à cela : aider les personnes à aimer Jésus, à le connaître, à découvrir aussi des aspects que les écrits essentiels des Évangiles ne nous révèlent pas toujours. Avec cette sagesse de la tradition chrétienne qui a inspiré non seulement des écrivains, des mystiques, mais aussi des artistes, à nous faire aimer Jésus à travers des détails dont les Évangiles ne parlent pas : la couleur de ses vêtements, de ses yeux, les contextes concrets dans lesquels se déroulaient les événements[18]… Et nous nous attachons aussi à Lui à travers cela, car notre sensibilité est éveillée, notre désir de voir, d’imaginer, de nous sentir présents est satisfait. Mais la finalité reste la même : nous conduire à l’amour du Seigneur, à l’amour pour Jésus, à reconnaître dans sa personne vivante la porte qui nous conduit à la relation avec Dieu et au don de l’Esprit qui nous rend pleinement libres et pleinement heureux.
L’œuvre des mystiques – mais aussi celle des artistes et des écrivains, lorsqu’elle est véritablement inspirée – nous conduit toujours là. Beaucoup ont découvert et aimé Jésus non pas directement grâce aux Évangiles, mais en arrivant aux Évangiles par d’autres chemins : celui de la beauté, celui de l’intuition, celui de la prière, celui des mystiques. L’important est que toutes ces voies mènent au Seigneur Jésus, tel que les Évangiles nous le présentent, tel que la Tradition de l’Église nous le fait vivre, tel que l’Esprit Saint nous aide à le reconnaître et à l’aimer[19].
Laissons-nous donc libérer et instruire par le Christ, car c’est Lui qui nous conduit à la véritable loi, celle qui correspond au cœur de Dieu, et à la vraie liberté, guidée et enseignée par l’Esprit."
Intervention du samedi 29 octobre 2022[edit | edit source]
Autorité du document: les textes reproduits et leur traduction sont des enregistrements non relus par l’auteur.
Contexte[edit | edit source]
Intervention de Mgr Paolo Giulietti, archevêque de Lucques (Lucca) à la convention valtortienne (13ème italienne - 4ème internationale) à l'hôtel Residence Esplanade de Viareggio.
La transcription n'a pas été révisée ni corrigée par l'auteur. Elle a été traduite par Chat GPT et annotée par www.maria-valtorta.org.
Synthèse[edit | edit source]
Mgr Giulietti souligne que Jésus, en assumant pleinement sa mission à l’âge adulte, montre que la sainteté consiste à faire de sa vie un don total à Dieu. Les saints en sont le témoignage vivant. Dans ce contexte, il reconnait en l’œuvre de Maria Valtorta des intuitions dépassant ses capacités humaines, signe d’un élément surnaturel. Il encourage les chercheurs à poursuivre ce travail pour que l’Église puisse, en temps voulu, discerner et reconnaître officiellement la fécondité spirituelle des écrits de Maria Valtorta.
Phrase clé[edit | edit source]
"Indubitablement, dans cette capacité à saisir des choses bien au-delà de sa portée intellectuelle et de sa culture, il y a un élément objectif de surnaturel. Celui-ci doit être étudié, expliqué, et rendu intelligible, afin que : d’une part, on reconnaisse la valeur de cette révélation privée ; d’autre part, on montre qu’elle ne contredit en rien l’Évangile.
Texte[edit | edit source]
"Je fais une brève intervention de salutations qui part de ce que vient de dire don Ernesto[20] à propos de ce thème important du rapport entre les deux natures dans la personne du Verbe incarné, du Fils de Dieu, de leur agir, et de la manière dont un passage de Maria Valtorta nous aide à comprendre ces choses[21].Tout d’abord, il faut dire que l’humanité de Jésus est le lieu où se manifeste la deuxième Personne de la Trinité, le Fils, et son œuvre de salut. C’est par l’humanité que tout passe : la parole, l’action, tout passe par l’humanité de Jésus, par sa chair. Cette humanité, cependant, peut se soumettre pleinement à la mission seulement lorsqu’elle devient adulte. Nous aussi, quand nous soumettons-nous pleinement à la mission de notre vie ? Quand nous devenons adultes. L’adolescent, l’enfant, même s’ils ont une perfection propre de leur humanité, ne peuvent pas accueillir pleinement la mission, car leur structure humaine ne le permet pas encore. Nous pouvons engendrer non seulement quand biologiquement nous en avons la capacité, mais quand nous sommes capables de faire don de notre vie. Et cela, l’adolescent ne peut pas encore le faire totalement : il peut en avoir une certaine expérience, mais c’est l’adulte qui est pleinement génératif, comme l’enseigne la psychologie du développement.
C’est l’adulte qui peut librement décider de faire de sa vie un don, même à ceux qui ne le méritent pas. Et c’est ce qui nous rend capables d’être parents, époux, prêtres – car l’homme, au fond, ne mérite jamais d’être objet d’un tel don. Eh bien, il en va de même pour Jésus : quand est-ce que son humanité se soumet pleinement à la mission du Père ? Lorsqu’il devient adulte. Cela ne veut pas dire qu’avant il n’avait pas une perfection, mais c’est l’âge adulte qui le rend capable d’accueillir pleinement cette mission, qui se manifeste dans la descente de l’Esprit, qui s’éclaire dans les tentations, et qui ensuite s’accomplit lorsque sa chair devient pleinement capable d’être l’instrument du projet de Dieu : quand toute son humanité est soumise à la mission du Père, c’est-à-dire quand il devient adulte.
C’est la même chose pour nous : nous devons faire cet effort de devenir grands – et nous n’y parvenons pas toujours. C’est pour cela que Jésus dit : “Quand vous deviendrez adultes”, c’est-à-dire quand votre vie sera totalement soumise à la mission que vous avez reçue, alors vous ferez aussi ce que je fais[21]. C’est ce qui se réalise chez les saints : ils font des miracles non pas parce qu’ils sont des surhommes, mais parce que leur vie est totalement soumise à la mission, totalement consacrée à ce que Dieu veut d’eux. Et c’est pour cela que le Seigneur les rend capables, leur donnant le don de faire des choses extraordinaires.
Quand saint Cafasso jette l’argent par la fenêtre, parce qu’il s’en remet à la Providence[22], l’argent arrive : précisément parce que sa vie est totalement confiée à la Providence, et la Providence agit de manière extraordinaire dans une vie totalement abandonnée à elle. On peut donner d’autres exemples : lorsque François s’abandonne totalement à la pauvreté, cet abandon fait qu’il ne manque de rien, car il est totalement livré à cette mission[23]. Et le Seigneur fait advenir des signes qui manifestent sa puissance, sa présence, dans une vie donnée tout entière à la mission.
Voilà pourquoi il est surprenant que, chez cette personne très simple qu’était Maria Valtorta, on trouve des intuitions qui renvoient à des connaissances qui assurément n’étaient pas les siennes. Et je pense que le travail de ceux qui s’occupent de son œuvre doit viser précisément à obtenir ce que nous avons demandé dans la prière: que Maria Valtorta soit reconnue par l’Église. Non pas tellement pour sa personne – car, sur sa vie personnelle, il y a peu à dire[24] – mais pour son œuvre, qui est l’élément à examiner avec une grande attention, parce qu’elle parle de Jésus, de ce qu’il fait, de ses paroles, etc.
Indubitablement, dans cette capacité à saisir des choses bien au-delà de sa portée intellectuelle et de sa culture, il y a un élément objectif de surnaturel. Celui-ci doit être étudié, expliqué, et rendu intelligible, afin que: d’une part, on reconnaisse la valeur de cette révélation privée[25] ; d’autre part, on montre qu’elle ne contredit en rien l’Évangile, mais qu’au contraire elle aide ceux qui le veulent – car vous le savez, les révélations privées sont laissées totalement à la liberté de chacun: nous pouvons nous en servir ou non. Certains en ont besoin, certains en tirent un grand profit spirituel, pour d’autres elles peuvent être parfaitement superflues, comme pour les nombreuses révélations privées que l’histoire de l’Église nous a laissées.
Cependant, lorsqu’une révélation est déclarée authentique, cela signifie que, pour qui le veut, elle constitue vraiment une aide pour entrer plus profondément dans la relation avec le Seigneur, c’est-à-dire dans la Révélation publique que sont les Saintes Écritures et la Tradition, qui manifestent de façon autorisée et contraignante pour tous le mystère saint de Dieu tel qu’il se révèle en Jésus-Christ[26].
Voilà, donc, bon travail à ceux qui s’occupent de cela, et bonne route à vous tous. Bonne journée."
Interview du lundi 17 avril 2023[edit | edit source]
Contexte[edit | edit source]
Cet interview de Mgr Paolo Giulietti, Archevêque de Lucques (Lucca) a été donné à l’Association Maria Valtorta dans sa résidence, à l’évêché de Lucca. Les propos ont été recueillis par Antoine Clamagirand.
Le texte a été révisé par l'auteur. Les commentaires sont de www.maria-valtorta.org
Synthèse[edit | edit source]
Mgr Giulietti souligne que l’Évangile reste la base unique de la foi, mais que l’œuvre de Maria Valtorta peut aider à mieux percevoir l’humanité de Jésus et son contexte historique[17]-[18]. Il rappelle que l’Index visait surtout l’éditeur, et non une condamnation doctrinale, et que certains passages de l’œuvre dépassent les capacités humaines de l’auteure, suggérant un caractère surnaturel. La cause de béatification a été refusée en 2005 par les évêques toscans, mais la collecte de documents se poursuit en vue d'une future reprise. Il encourage à lire Maria Valtorta comme un approfondissement, sans la confondre avec l’Évangile.
Phrase clé[edit | edit source]
"À mon avis, la lettre de Mgr Tettamanzi à l’éditeur italien de l’époque avait pour but de préciser qu’il ne fallait pas comparer la révélation de l’Évangile avec les révélations reçues par Maria Valtorta[27]. Vous savez, l’Index était de toute façon un instrument évolutif : même la Bible a été mise à l’Index[28]".
Texte[edit | edit source]
"Association Maria Valtorta - Monseigneur, que diriez-vous à ceux pour qui l’Évangile – la parole de Dieu – est complet tel qu’il est, et qui pourraient être offensés par l’idée que les visions de Maria Valtorta "prolongent" les descriptions du Saint Évangile?Propos recueillis par Antoine Clamagirand.Mgr Paolo Giulietti - Parce que nous sommes des êtres humains, les gens veulent en savoir plus sur Jésus que les récits évangéliques : ce qu’il mangeait, comment il s’habillait, quelle était la couleur de ses cheveux, à quoi ressemblaient ses yeux… C’est pourquoi les peintres, les écrivains et les artistes ont essayé de compléter notre connaissance de Jésus. Et c’est bien naturel ! Les mystiques l’ont également décrit[18].
Mais pour nous, la référence fondamentale reste l’Évangile ; notre foi est basée sur l’Évangile. Ce désir d’approfondissement est compréhensible et nous aide à mieux apprécier ce en quoi nous croyons, mais il ne sert pas de fondement à notre foi. À notre époque, cependant, nous voulons connaître et pas seulement croire ; nous voulons explorer l’humanité de Jésus, imaginer où il a vécu, comment il était avec ses amis… toutes choses qui sont proches de notre expérience, de notre vie quotidienne. Après tout, que nous dit Saint Jean ? "Il y a beaucoup d’autres signes accomplis par Jésus en présence des disciples qui ne sont pas écrits dans ce livre" (Jean 20,19-31).
Association Maria Valtorta - Monseigneur, nous sommes d’accord que l’index ne concernait pas le contenu de l’Œuvre reçue par Maria Valtorta, mais qu’il sanctionnait le zèle de l’éditeur italien qui n’avait pas demandé l’autorisation du Saint-Siège avant de publier l’Œuvre, ce qui était l’usage à l’époque pour peu de temps encore.
2) Puisque cet index n’existe plus depuis 1966, comment nier, comme l’a demandé Dionigi Tettamanzi, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, le 6 mai 1992, que les "visions" et les "dictées" dont il est question dans ces volumes ne peuvent être reconnues comme étant d’origine surnaturelle?
Mgr Paolo Giulietti - À mon avis, la lettre de Mgr Tettamanzi à l’éditeur italien de l’époque avait pour but de préciser qu’il ne fallait pas comparer la révélation de l’Évangile avec les révélations reçues par Maria Valtorta. Vous savez, l’Index était de toute façon un instrument évolutif : même la Bible a été mise à l’Index et, pendant des siècles, il n’était pas possible pour un simple chrétien de la lire ou de la posséder[28].
D’autre part, de nombreux signes indiquent que les écrits de Maria Valtorta ne peuvent provenir uniquement d’elle et de ses connaissances historiques et bibliques limitées : ce qu’elle écrit, dans certaines parties, ne peut pas être simplement d’origine naturelle. Cependant, si quelqu’un lit le récit de Maria Valtorta en pensant qu’il est au même niveau que l’Évangile, il se trompe lourdement. Enfin, en ce qui concerne l’expérience mystique, il faut tenir compte du fait que la relation entre ce que Dieu dit et ce que l’homme comprend est conditionnée par la culture et les connaissances de la personne qui reçoit les locutions.
Association Maria Valtorta - 3) Savez-vous Monseigneur, où en est la cause de béatification de MV au Vatican ?
Mgr Paolo Giulietti - L’introduction d’une cause de béatification se fait en plusieurs étapes. La première consiste à demander à la Conférence épiscopale régionale d’autoriser l’ouverture de la cause diocésaine, dont la documentation doit ensuite être envoyée au Saint-Siège.
Il y a quelques années, les dix-huit évêques de la région de Toscane ont refusé, en 2005 je crois. Mais il y aura peut-être d’autres tentatives, dans quelques années, pour réitérer la demande de permission d’introduire la cause. En attendant, nous continuons à recueillir des témoignages, des déclarations, des lettres… pour être prêts à poursuivre cette cause dès que la permission sera accordée.
Association Maria Valtorta - 4) Monseigneur, que diriez-vous à ceux qui ne connaissent pas l’Œuvre, en les invitant à la lire ?
Mgr Paolo Giulietti - Si vous voulez en savoir plus et vous faire une idée de ce que l’Évangile ne dit pas forcément, du milieu dans lequel Jésus a vécu, des paysages, de son époque, des dialogues, pour mieux comprendre Jésus et son temps, vous pouvez lire Maria Valtorta."
Homélie du dimanche 23 avril 2023[edit | edit source]
Autorité du document: les textes reproduits et leur traduction sont des enregistrements non relus par l’auteur.
Contexte[edit | edit source]
Homélie de Mgr Paolo Giuletti. Viareggio - 80° anniversaire de la première vision de Maria Valtorta.
Mgr Giulietti, en tant que référent pour la cause de Maria Valtorta, justifie la célébration d’une révélation privée non encore reconnue en l’insérant dans la tradition vivante de l’Église : une forme d’"exégèse spirituelle" qui, sans rivaliser avec l’Écriture, peut aider à mieux en vivre.
Synthèse[edit | edit source]
Pour le 80ᵉ anniversaire de la première vision de Maria Valtorta, Mgr Giulietti a commenté l’épisode des disciples d’Emmaüs : les Écritures n’enflamment le cœur que lorsqu’elles sont expliquées et rendues actuelles. L’Église accomplit ce travail d’exégèse de multiples manières : homélies, art, littérature, mysticisme… toutes ces formes aident à mieux comprendre la Parole. Dans ce cadre, les visions de Maria Valtorta apparaissent comme une "exégèse narrative", comparable à l’art sacré, qui éclaire l’Évangile sans le remplacer. Mgr Giulietti invite à rendre grâce pour ces moyens par lesquels l’Esprit agit afin que la Parole continue de réchauffer le cœur et de fortifier la foi.
Phrase clé[edit | edit source]
"Tout ce discours pour dire quoi ? Dire qu’aujourd’hui, nous célébrons le début des révélations intérieures de Maria Valtorta et nous devons lire cela dans ce cadre, dans ce cadre de l’Église qui reçoit l’aide de Dieu pour enflammer le cœur des gens, avec tant de formes multiples d’exégèse, y compris cette narration de scènes car ces scènes nous guident vers l’Histoire avec un H majuscule qui est l’Écriture inspirée et inspirante de Dieu. Nous devons être reconnaissants pour toutes ces formes d’exégèse car c’est le Seigneur qui agit dans l’Église pour que l’Église soit capable d’enseigner."
Texte[edit | edit source]
"Commentant leur rencontre avec Jésus, les disciples d’Emmaüs font un constat sur lequel je vous invite à réfléchir aujourd’hui. En effet, ils disent : “Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous pendant qu’il conversait avec nous sur la route et nous expliquait les Écritures ? [29]“.Bien sûr, ils connaissaient déjà les Écritures, mais pour enflammer le cœur, il faut évidemment que quelqu’un fasse parler ces Écritures, c’est-à-dire les rende capables de dire quelque chose aux personnes auxquelles elles s’adressent.
On pourrait dire que la puissance réchauffe (aujourd’hui nous parlons du coût de l’énergie, n’est-ce pas !). Eh bien, la puissance d’embrasement réside dans les Écritures car ce sont des écritures inspirées et inspirantes, donc l’Esprit qui les a dictées à l’Auteur sacré, qui les a inspirées à l’Auteur sacré est aussi le même Esprit qui enflamme le cœur.
Mais évidemment pour que ce processus s’enclenche, pour que l’Écriture enflamme le cœur, il ne suffit pas de la connaître, il ne suffit pas de la lire, il faut que quelqu’un l’explique.
Cela arrive aux disciples d’Emmaüs, cela arrive à l’eunuque rejoint par le diacre Philippe sur le chemin du retour[30], cela arrive déjà avec la Bible quand quelqu’un fait l’exégèse des Écritures. Ces mêmes Écritures que nous connaissions et qui n’enflammaient pas le cœur, sont stimulées et réconfortent le cœur des gens par l’espoir, la confiance et la joie qui émanent de ces Écritures.
On pourrait donc dire qu’ici, l’exégète, celui qui explique les Écritures, est celui qui les stimule, pas celui qui les invente[31]. Ce n’est pas que Jésus dit quelque chose de nouveau, il rend juste les disciples capables de comprendre ce que ces Écritures disent vraiment de lui.
Et cette compréhension est pour eux quelque chose qui les rende enfin parlantes et leur enflamme le cœur.
Cela permet à ces Écritures d’interpréter la vie (de Jésus), cette circonstance particulière de la Pâque du Messie, et de nous faire comprendre comment, dans ce passage tragique et douloureux de sa vie, apparemment capable d’éteindre tout espoir, se manifeste en fait la gloire du Seigneur Jésus, dans sa Résurrection et l’authentique mission du Messie selon ce que les prophètes avaient prédit.
Alors Jésus explique les Écritures et ces Écritures, grâce à l’explication de Jésus, enflamment le cœur. Certes, Jésus est un exégète exceptionnel. Avec tout le respect que je dois à un bibliste qui pourrait être à mes cotés [ce soir], Jésus est sûrement un érudit biblique d’une importance non négligeable. On pourrait dire qu’il est un interprète authentique des Écritures parce qu’il les a lui-même inspirées par l’Esprit.
Et cela reste toujours vrai.
Ainsi l’Écriture parle si quelqu’un la fait parler[32], si quelqu’un aide les autres frères à comprendre comment cette Écriture, qui témoigne peut-être d’événements et de paroles très anciennes, très lointaines, veut au contraire dire aujourd’hui, quelque chose d’important et que ce quelque chose d’important enflamme le cœur, c’est-à-dire qu’elle nous rend capables d’affronter la vie avec confiance dans la proximité de Dieu et dans sa gloire qui s’achève et par la Passion et par l’effort d’affirmer et de témoigner de la foi.
Or ce travail d’exégèse, cette fonction d’explicitation des Écritures, est une dimension fondamentale de la vie de l’Église. La fonction d’enseignement est fondamentalement celle-ci : l’Église n’enseigne pas ses propres doctrines, l’Église explique fondamentalement les Écritures, interprète les Écritures, montre leur pertinence, ne tire pas non plus des leçons pour la vie, c’est-à-dire qu’au fond toute réflexion ecclésiale est une réflexion sur les Écritures.
Et c’est une tentative sans fin, jamais terminée, pour saisir le message de l’Écriture, pour saisir la parole réconfortante que le Seigneur veut nous dire à travers la Bible aujourd’hui. Et ce travail n’est jamais terminé parce que la Bible est un trésor inépuisable, tout comme la sagesse de Dieu est inépuisable, mais aussi parce que les circonstances dans lesquelles nous nous confrontons à l’Écriture sont toujours différentes[33].
Les deux (disciples) d’Emmaüs ont eu le cœur à se poser des questions. On en a peut-être d’autres dans le cœur, et c’est normal qu’il en soit ainsi.
Alors questionnons la Bible, posons de temps en temps, à l’Écriture, des questions différentes pour que l’Écriture, si elle est bien interprétée, déploie une série de réponses toujours différentes, toujours originales, mais toujours capables de réchauffer le cœur, c’est ce qui compte.
Nous, chrétiens, avons cette possibilité, chaque dimanche, que la Bible nous réchauffe le cœur car l’une des formes importantes de l’exégèse, c’est justement l’homélie, n’est-ce pas ? Ce dialogue dominical dans lequel un exégète, en l’occurrence le prédicateur, explique la Bible au peuple de Dieu pour lui réchauffer le cœur.
Mais aujourd’hui, dans la vie de l’Église, il y a plusieurs formes d’exégèse, plusieurs formes où quelqu’un se met au service des frères pour aider à faire parler la Parole, pour que cette Parole réchauffe le cœur.
Il existe dans la tradition ancienne - déjà du peuple juif - une forme d’exégèse appelée le midrash[34] qui consiste à interpréter la Bible en racontant une histoire et cette histoire est un enrichissement du récit biblique. Les midrashim sont des récits qui parlent d’événements bibliques, mais ajoutent des détails qui ne sont pas écrits dans la Bible qui aident à la comprendre, qui l’enrichissent de détails, qui permettent de comprendre ce qui se passe, de comprendre ce que le Seigneur veut nous dire à travers, précisément, l’ajout de détails narratifs.
Une forme ancienne, une forme très ancienne d’exégèse, qui vit de bien des façons dans l’Église. Pensez à l’art : n’est-ce pas ce qu’est l’art ? N’est-ce pas des midrashim ? Ce n’est pourtant pas un midrash. Quand on fait un tableau on ajoute des choses qui ne sont pas dans l’Évangile, mais on le fait pour que l’Évangile enflamme le cœur.
Aujourd’hui, j’étais avec des enfants dans la cathédrale de Lucques. L’une d’elles fera sa première communion. Et vous savez, il y a ce beau tableau de la Cène du Tintoret où Jésus donne sa première communion, c’est-à-dire qu’il donne la communion à Pierre, ce qui est absolument antihistorique, irréaliste.
Cela ne s’est pas passé ainsi. Mais cela m’a permis de dire à la petite fille : tu vois ta première communion, c’est comme ce qui s’est passé à la dernière Cène, quand Jésus a donné son corps aux disciples. C’est cet artiste qui m’a permis de faire facilement ce parallèle, car il a raconté la dernière Cène d’une manière certes historiquement non fidèle à ce qui s’est passé il y a 2000 ans au Cénacle, mais capable de faire ressentir une proximité entre ce qui s’est passé dans ce lieu et l’expérience de cette petite fille qui dans quelques semaines fera sa première communion et qui ne mangera pas le pain sans levain de la Cène de Pâques, mais se verra donné un petit pain rond, l’hostie, qui le rappelle par sa forme, mais qui, évidemment, est très différent.
Or cet artiste, en rapprochant la communion telle que nous la vivons de ce geste de Jésus ce soir-là, nous aide d’une certaine manière à ce que nous puissions entendre cette histoire de la dernière Cène au plus proche de notre façon de célébrer la Cène du Seigneur, qui est l’Eucharistie dominicale avec la communion faite de cette façon.
Ce travail d’exégèse, qui est multiple dans l’Église, - c’est-à-dire l’Église dans toute son expression, depuis celle, plus scientifique, des biblistes qui prennent l’araméen, l’hébreu et font toutes les analyses scientifiques, jusqu’à celle, plus intuitive, magnifique, de l’artiste - a ce but : que l’Écriture nous enflamme le cœur, que nous sentions le Seigneur près de nous, que ce qui est écrit dans la Bible parle à notre vie, que ce qui est écrit dans la Bible nous aide nous aussi à parcourir l’inverse des chemins du désespoir, de la désillusion, de la fatigue, comme ce fut le cas ce soir-là pour les disciples d’Emmaüs qui, une fois leur cœur réchauffé, trouvent le courage de retourner à Jérusalem sur le lieu risqué de la passion de Jésus et de reprendre le chemin qu’ils avaient interrompu par peur, que par désillusion ils avaient cessé de parcourir.
Tout ce discours pour dire quoi ? Dire qu’aujourd’hui, nous célébrons le début des révélations intérieures de Maria Valtorta et nous devons lire cela dans ce cadre, dans ce cadre de l’Église qui reçoit l’aide de Dieu pour enflammer le cœur des gens, avec tant de formes multiples d’exégèse, y compris cette narration de scènes car ces scènes nous guident vers l’Histoire avec un H majuscule qui est l’Écriture inspirée et inspirante de Dieu.
Nous devons être reconnaissants pour toutes ces formes d’exégèse car c’est le Seigneur qui agit dans l’Église pour que l’Église soit capable d’enseigner.
La fonction d’enseignement de l’Église, la capacité que par toutes ces formes la Parole nous parvienne et réchauffe le cœur, est assistée par l’Esprit Saint, le Seigneur qui est à l’œuvre dans l’Église par l’Esprit afin que quelqu’un sache comment aider ses frères pour que l’Écriture enflamment leurs cœurs.
Alors, nous devons en être reconnaissants. Par exemple, le Pape insiste beaucoup dans son homélie pour dire que les sermons doivent réchauffer le cœur, car ils sont faits pour cela, non ? Mais combien de papes ont écrit aux artistes pour leur dire : aidez-nous avec votre art à enflammer le cœur avec l’Écriture. Et ainsi de suite, même le mysticisme a une fonction dans l’Église pour que le message de la seule Écriture qui réchauffe le cœur et qui est celui de la Bible émerge plus fortement.
Alors soyons reconnaissants au Seigneur car de bien des manières, de bien des manières et de différentes manières, les exégètes de l’Écriture, les narrateurs des midrashim nous aident à mieux comprendre la Bible et cette Bible continue d’enflammer nos cœurs et de nous faire renverser le cours de la désillusion, du désespoir, de la fatigue, de la méfiance, pour nous ramener sur les chemins du royaume de Dieu et de l’annonce de l’Évangile."
Notes et références[edit | edit source]
- ↑ BENOÎT XVI - Verbum Domini, 2010, § 14.
- ↑ Romains 1,16.
- ↑ Romains 1,20.
- ↑ Psaume 18A (19) 2-5.
- ↑ Jean 20,30-31.
- ↑ Jean 21,25.
- ↑ 1 Jean 1,1.
- ↑ Luc 11,37-41.
- ↑ Publié en 1975.
- ↑ Galates 5,18-25.
- ↑ C'est rappelé dans les versets (Galates 5,1-12) qui précèdent la lecture du jour
- ↑ Galates 5,17.
- ↑ Luc 11,42-46 (Apostrophe des pharisiens hypocrites)
- ↑ Luc 11,42.
- ↑ Galates 5,19-21.
- ↑ Cf. Jean 8,12 qui sert de répons (antienne) au Psaume du jour (Psaume 1, 1-2, 3, 4.6).
- ↑ 17,0 17,1 et 17,2 Peu de temps avant cette homélie, était sorti une "Vie de Jésus (Vita di Gesù - 27 septembre 2022) d'Andrea Tonielli, préfacée par le Pape François en personne. Il défendait très clairement l'utilité de cette oeuvre littéraire dans la rencontre avec Jésus vivant et concluait avec des mots que Mgr Giuletti semble appliquer ici à Maria Valtorta: "Je le répète : il n'y a pas de foi sans rencontre, car la foi est une rencontre personnelle avec Jésus. […] Cet ouvrage, cette Vie de Jésus, rédigée en s'appuyant sur les textes des évangiles, peut nous aider à entrer en contact avec Lui, afin qu'il ne reste pas simplement un grand personnage, un protagoniste de l'histoire, un leader religieux ou un maître de morale, mais devienne chaque jour, pour chacun d'entre nous, le Seigneur. Le Seigneur de la vie. Je souhaite à ceux qui le liront de voir Jésus, de rencontrer Jésus et que leur soit donnée la grâce - qui est un don de l'Esprit Saint - d'être attirés par Lui." (Voir l'article La puissance de la lecture immersive de l’œuvre de Maria Valtorta)
- ↑ 18,0 18,1 et 18,2 Dans un document ultérieur, peu de temps après avoir encouragé, par écrit (24 février 2024), la diffusion et la recherche sur l'œuvre de Maria Valtorta, le Pape François formalisait (17 juillet 2024) ce pouvoir de rencontrer Jésus vivant par la littérature: "La tâche urgente de l’annonce de l’Évangile à notre époque exige donc des croyants, et des prêtres en particulier, un engagement pour que chacun puisse rencontrer un Jésus-Christ fait chair, fait homme, fait histoire. Nous devons tous veiller à ne jamais perdre de vue la “chair” de Jésus-Christ : cette chair faite de passions, d’émotions, de sentiments, de récits concrets, de mains qui touchent et guérissent, de regards qui libèrent et encouragent, d’hospitalité, de pardon, d’indignation, de courage, d’intrépidité : en un mot, d’amour." (Lettre du pape François sur le rôle de la littérature dans la formation §14).
- ↑ C'est la définition du critère d'authenticité pour les révélations privées. Voir ci-dessus Rappel de l'enseignement de l'Église.
- ↑ Don Ernesto Zucchini, président de la Fondation Maria Valtorta de Viareggio.
- ↑ 21,0 et 21,1 EMV 371.5 dont Mgr Giulietti cite un passage un peu plus loin.
- ↑ Saint Joseph Cafasso (1811-1860). Un bienfaiteur lui donna une somme importante pour acheter une maison. Cafasso, voulant mettre à l’épreuve la Providence, jeta les pièces par la fenêtre du cloître ; peu après, grâce à une grâce divine, il reçut les fonds nécessaires par un don inattendu (Vita del Venerabile Giuseppe Cafasso, 1885).
- ↑ En 1206, François d’Assise, alors jeune homme riche et insouciant, renonce publiquement à son héritage familial devant l’évêque d’Assise. Il se dépouille de ses vêtements, symbole de sa richesse, et choisit de vivre dans la pauvreté radicale. François vit littéralement au jour le jour, sans réserve ni sécurité matérielle. Pourtant, il témoigne constamment que Dieu lui fournit ce qui est nécessaire : nourriture, vêtements, abri. Ses besoins sont toujours comblés, souvent de manière inattendue. En se détournant des possessions, François d’Assise acquiert une liberté intérieure qui le rend invulnérable aux privations. Il ne craint pas le manque, car il a placé sa sécurité en Dieu. Cette liberté lui permet de se consacrer pleinement à sa mission, sans être distrait par les soucis matériels.
- ↑ Peu à dire = peu à objecter. C'est ce que Mgr Giulietti confie dans des conversations privées.
- ↑ Voir la lettre d'encouragement du Pape François (24 février 2024).
- ↑ Le sens de ces deux derniers paragraphes peuvent être éclairés par les extraits des nouvelles normes procédurales pour le discernement des phénomènes surnaturels présumés (Présentation): "Le Dicastère a récemment proposé au Saint-Père de mettre fin au discernement en la matière non par une déclaration de supernaturalitate, mais par un Nihil obstat, ce qui permettrait à l'Évêque de tirer un bénéfice pastoral de ce phénomène spirituel [...] Ces conclusions possibles ne comportent normalement pas de déclaration sur le caractère surnaturel du phénomène discerné, c'est-à-dire sur la possibilité d'affirmer avec une certitude morale qu'il provient d'une décision de Dieu qui l'a voulu directement. Au contraire, la concession d'un Nihil obstat indique simplement, comme l'a déjà expliqué le pape Benoît XVI, qu'en ce qui concerne ce phénomène, les fidèles "sont autorisés à y adhérer de manière prudente" (Verbum Domini, §14 deuxième partie) [...] Dans de nombreux cas, la présence de l'Évêque et des prêtres à certains moments, comme les pèlerinages ou la célébration de certaines Messes, a été une manière implicite de reconnaître qu'il n'y avait pas d'objections sérieuses et que cette expérience spirituelle exerçait une influence positive sur la vie des fidèles [...] En tout cas, un Nihil obstat permet aux Pasteurs d'agir sans doute ni hésitation pour être aux côtés du Peuple de Dieu dans l'accueil des dons de l'Esprit Saint qui peuvent surgir au milieu de ces événements. L'expression "au milieu de", utilisée dans les nouvelles Normes, permet de comprendre que, même si l'on n'émet pas de déclaration de supernaturalité sur l'événement lui-même, on reconnaît clairement les signes d'une action surnaturelle de l'Esprit Saint dans le contexte de ce qui est en train de se passer."
- ↑ Lecture prudentielle conforme à l'enseignement de l'Eglise qui ne garantit pas l'origine divine des révélations privées (même "reconnues") mais en autorise, le cas échéant, l'adhésion de foi humaine (Dei Verbum, §14, deuxième partie). Cette phrase de Mgr Tettamanzi a été reprise 33 ans plus tard par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour définit sa position actuelle sur les œuvres de Maria Valtorta.
- ↑ 28,0 et 28,1 Il s'agit de l'interdiction qui était faite aux fidèles de lire ou de posséder des traductions non approuvées. Mgr Giulietti fait allusion à l'époque où lire une Bible traduite dans sa langue, nécessitait une autorisation épiscopale.
- ↑ Luc 24,32, tiré de l’Évangile du dimanche 23 avril 2023.
- ↑ Actes 8,26-39.
- ↑ Mgr Giulietti amorce ici le positionnement de l'œuvre de Maria Valtorta (qui stimule) par rapport à l'Évangile canonique (auteur).
- ↑ Voir Romains 10,13-14: "Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ?"
- ↑ "La Bible est un trésor inépuisable" : Dei Verbum 11, 21, 26 souligne le caractère vivant et sans fin des Ecritures. "Les circonstances changent" : Dei Verbum 24 et 26 insistent sur la nécessité d’une étude permanente, car chaque époque rencontre la Parole différemment.
- ↑ Le midrash est défini comme "un genre littéraire qui se place en relation directe avec un texte canonique considéré comme la parole révélée de Dieu, et dans lequel ce texte est explicitement cité ou clairement évoqué". Le midrash est une méthode d'interprétation juive ancienne qui enrichit le récit biblique par l'ajout de détails narratifs, permettant une meilleure compréhension du message divin. Ces récits midrashiques ne remplacent pas le texte biblique, mais le complètent et l'éclairent.